La défense et la sécurité font couler beaucoup d’encre ces jours-ci dans la capitale nationale.
« Pour nous, à l’Université d’Ottawa, c’est loin d’être nouveau », a déclaré Muralee Murugesu, vice-recteur associé, Innovation, partenariats et entrepreneuriat, Cabinet du vice-rectorat à la recherche et à l’innovation (CVRRI). Professeur à la Faculté des sciences, il collabore avec Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC) depuis plus de dix ans, et participe actuellement à des projets avec General Dynamics, une entreprise du secteur aérospatial et de la défense.
« C’est un secteur que nous explorons depuis déjà un certain temps », ajoute-t-il.
En tant qu’établissement à forte intensité de recherche et d’innovation, l’Université d’Ottawa a acquis une solide expertise dans plusieurs disciplines pertinentes pour la défense réparties dans ses dix facultés. Chef de file au pays en matière d’intensité et de revenus de recherche, et seule université membre du U15 dans la région de la capitale nationale, l’Université occupe une position enviable – que lui confèrent sa proximité du pouvoir décisionnel fédéral, ses contacts dans l’industrie et ses partenariats internationaux.
À l’heure où le Canada cherche à renforcer ses capacités de défense et à moderniser ses chaînes d’approvisionnement, cette position est plus importante que jamais.
Élargir la portée de la recherche axée sur une mission
Les travaux du professeur Murugesu portent sur la conception et la synthétisation de nouvelles matières inorganiques à l’échelle nanométrique, afin d’étudier leurs caractéristiques physiques, notamment le magnétisme, la conductivité électrique et le comportement optique.
Il étudie les matériaux énergétiques écologiques à possibilité de double usage dans les secteurs de la défense et de la sécurité, de l’exploitation minière et d’autres domaines connexes.
La recherche universitaire se concentre généralement sur l’innovation de rupture expérimentale, mais selon lui, le contexte actuel a décuplé les attentes.
Le professeur Murugesu poursuit : « Il y a un besoin criant pour certaines technologies, qui doivent être mises en œuvre plus rapidement. La recherche axée sur une mission dépend d’une expertise interdisciplinaire coordonnée.
« Prenons l’exemple d’un système radar. Pour le mettre au point, il faut une technologie de détection avancée, des solutions d’IA quantique et des semiconducteurs. Or, pour ces derniers, il faut des minéraux. C’est une chaîne de valeur à multiples contributeurs. »
Cette approche systémique se reflète à l’échelle de l’Université. La Faculté de génie joue un rôle central dans la recherche en matière de sécurité nationale, de défense et d’aérospatiale. Ses chercheuses et chercheurs s’intéressent aux technologies quantiques, à l’intelligence artificielle, à la cybersécurité, aux semiconducteurs et aux communications sécurisées. Sous la direction de la professeure et doyenne Caroline Cao, la Faculté a renforcé ses liens avec le secteur privé pour s’assurer que les programmes tiennent compte de l’évolution des besoins et permettent aux diplômées et diplômés d’accéder directement à des fonctions techniques.
« Les secteurs de la défense et de l’aérospatiale au Canada ont besoin de spécialistes en génie et en informatique capables de résoudre des problèmes qui n’existent pas encore, explique la professeure Cao. Il faut donc former des personnes en mesure d’évoluer dans des disciplines techniques comme l’informatique quantique, l’IA et la cybersécurité. On doit aussi travailler étroitement avec le secteur privé pour que nos finissantes et finissants acquièrent l’expérience concrète et les compétences professionnelles exigées. C’est ainsi qu’on développe l’expertise et l’infrastructure dont le Canada a besoin pour déployer ces technologies aux moments les plus opportuns. »
Développement du leadership, des talents et de la main-d’œuvre
Au-delà de ses activités de recherche, l’Université d’Ottawa joue un rôle de premier plan en rassemblant des parties prenantes qui façonnent le programme d’innovation en matière de défense au Canada. Le Symposium sur l’Arctique et le Forum sur l’innovation en matière de sécurité nationale – dont l’édition canado-européenne est axée sur le renforcement de la collaboration en matière de défense et de technologie – a réuni des représentantes et représentants du gouvernement, des Forces armées canadiennes, du milieu universitaire et de l’industrie.
L’Université tient également compte des besoins du secteur dans la conception de ses objectifs de formation. Dans le cadre de la modernisation des programmes, les facultés ont intégré des perspectives industrielles pour aider les diplômées et diplômés à acquérir les compétences techniques recherchées. Grâce à l’apprentissage expérientiel au moyen de stages coop et de recherche, notamment dans des entreprises de défense ou soutenant le secteur, les étudiantes et étudiants ont pu mettre en pratique leurs connaissances.
Par l’intermédiaire de l’Institut de développement professionnel (IDP), l’Université propose des programmes axés sur la défense, comme Core Principles of Veteran Entrepreneurship, Politique, gouvernance, défense et sécurité nationale et Coding for Veterans. Ces initiatives aident les anciennes combattantes et anciens combattants, les membres des forces armées en activité et les personnes en transition vers des carrières en technologie et en cybersécurité.
« Si nous connaissons les besoins des secteurs public et privé, nous pouvons préparer nos diplômées et diplômés en conséquence, explique le professeur Murugesu.
La vitesse à laquelle ils peuvent s’intégrer est impressionnante – leur période d’adaptation est presque nulle. »
Emplacement stratégique et proximité de l’industrie
Située dans la région de la capitale nationale, l’Université d’Ottawa entretient une collaboration étroite avec le ministère de la Défense nationale, les organismes de renseignement et les ambassades de pays alliés, favorisant des liens plus directs entre la recherche et les priorités opérationnelles.
Le campus Kanata-Nord se trouve d’ailleurs dans le plus grand parc technologique du Canada, où la proximité d’entreprises en démarrage, de certains des principaux fournisseurs du secteur de la défense et d’entreprises technologiques multinationales facilite les partenariats de recherche appliquée.
« On pense souvent que si l’on collabore avec l’Université, il y aura de longs délais, mais ce n’est pas le cas : nous sommes prêts, ajoute le professeur Murugesu.
Après toutes ces années de recherche, nous sommes fin prêts à collaborer avec l’industrie. »