Marie-Eve Carrier-Moisan détient un doctorat en anthropologie (2012) de l’université de la Colombie-Britannique. Elle est professeure agrégée au département de sociologie et d’anthropologie de l’Université Carleton, où elle offre des cours depuis 2012 sur l’anthropologie du genre et de la sexualité, l’anthropologie visuelle ainsi que les approches créatives et multimodales en recherche. En ce moment, ses travaux de recherche portent sur des questions liées à l’abandon institutionnel, à l’anthropologie du care et des bureaucraties, et à la production sociale du handicap dans les institutions scolaires de la région de Québec. Un premier projet s’articule autour du rôle du transport scolaire dans l'accès à l'école des élèves autistes dans un contexte de crise dans la scolarisation de ces élèves, alors que plusieurs se trouvent en situation de déscolarisation ou de scolarisation partielle. Financé par une subvention de développement Savoir du CRSH, ce projet se fait en collaboration avec la géographe féministe Laurence Simard-Gagnon, et fait appel aux expertises et connaissances expérientielles respectives de la professeure Carrier-Moisan et de sa collaboratrice. Le projet se concentre sur la matérialité du transport scolaire à travers une attention ethnographique concernant à la fois (i) les politiques officielles, les pratiques de gestion et la gouvernance du transport scolaire adapté, et (ii) les expériences quotidiennes et les croisements de vulnérabilités des chauffeur.se.s, parents et élèves qui se rencontrent dans l'espace handicapant de la vanne. Un second projet collaboratif et participatif avec Autisme-Québec est axé sur de la documentation des expériences de déscolarisation et de la scolarisation partielle des élèves autistes de la région de Québec. La professeure Carrier-Moisan s’implique également auprès du Comité pour le droit à la scolarisation, en collaboration avec la Ligue des droits et libertés - section Québec, afin de faire avancer les enjeux entourant l’exclusion scolaire des élèves autistes et en situation de handicap de la région de Québec.
La professeure Carrier-Moisan a également mené des recherches ethnographiques sur le tourisme sexuel à Natal, dans le nord-est du Brésil, touchant particulièrement les pratiques de mobilité sociale et d’intimité sur fond d’inégalités sociales et géopolitiques. Dans le cadre de ce travail, elle a aussi examiné l’utilisation de logiques affectives dans les campagnes contre la traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle et de tourisme sexuel, y compris lors de la Coupe du monde de 2014 à Natal, campagnes qui ont trop souvent conduit à des pratiques d'exclusion urbaine et d'abandon de l'État.
La professeure Carrier-Moisan s'intéresse depuis longtemps à l'anthropologie visuelle/multimodale, aux possibilités de faire et de raconter la recherche autrement ainsi qu’à la transmission des savoirs féministes. En collaboration avec le professeur William Flynn, qui a adapté ses travaux de recherches en narration illustrée, et Débora Santos, une illustratrice brésilienne, elle a transformé ses travaux de recherche ethnographique portant sur le tourisme sexuel en roman graphique, avec Gringo Love: Stories of Sex Tourism in Brazil, qui a également été traduit en portugais et publié au Brésil. La professeure Carrier-Moisan continue d’explorer différentes façons de faire et de raconter la recherche dans ses travaux collaboratifs aux côtés de Laurence Simard-Gagnon, notamment par le développement de cartographies narratives.
Chaire conjointe en études féministes et de genre
Marie-Eve Carrier-Moisan PhD.
Pavillon des Sciences sociales, pièce 11046
Adjointe à la Chaire conjointe en études féministes et de genre
Samia Acherki
Pavillon des Sciences sociales, pièce 11002
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