Cet article reflète l’expérience des auteurs au sein d’un comité universitaire chargé de promouvoir l’indigénisation. En utilisant une adaptation des méthodes conversationnelles autochtones, ils examinent les effets pratiques et discursifs de leur travail. La conversation, fondée sur la responsabilité relationnelle, a permis de mettre en lumière les tensions, de gérer différents niveaux d’investissement et d’analyser l’influence des structures institutionnelles sur les résultats.
Parmi les principaux défis, on note l’inertie institutionnelle, les hiérarchies épistémiques, la charge de travail inégale des employés autochtones et l’ambiguïté du discours sur la réconciliation. Malgré cela, les auteurs soulignent des éléments essentiels pour une indigénisation décoloniale : responsabilité relationnelle, courage institutionnel, soutien structurel, pratique réflexive et création d’espaces éthiques d’engagement (Ermine 2007).
Ils concluent que des processus dialogiques soutenus ne sont pas seulement un outil, mais une pratique éthique. En favorisant une conversation ouverte et responsable, les universités peuvent dépasser les gestes symboliques et progresser vers une véritable décolonisation de l’enseignement postsecondaire.