Un nouvel article publié dans la revue Gender, Work & Organization s’intéresse aux effets des attentes de mobilité sur la carrière et la reconnaissance des mères universitaires. À travers une analyse approfondie, les autrices examinent comment les normes implicites du milieu académique — valorisant les déplacements, les conférences internationales et la présence sur diverses scènes de recherche — influencent la manière dont les femmes, en particulier les mères, accumulent du capital académique.
Intitulé « Generating Academic Capital Through Travel: Academic Mothers Navigating the Ideal of Mobility », cet article met en lumière les tensions vécues par les chercheuses qui cherchent à répondre à ces attentes tout en assumant leurs responsabilités familiales. Il révèle comment les exigences de mobilité peuvent renforcer les inégalités de genre, en plaçant les mères dans une position où la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle devient un défi constant.
Les autrices — la professeure Merridee Bujaki (Université Carleton) ainsi que les professeures Stéphanie Gaudet et Ivy Lynn Bourgeault de l’École d’études sociologiques et anthropologiques de l’Université d’Ottawa — invitent à repenser la notion de réussite dans le milieu universitaire. Leur étude propose une réflexion sur la façon dont les institutions pourraient mieux reconnaître et valoriser les multiples formes de contribution académique, au-delà de la mobilité géographique.
En soulignant les récits et stratégies de ces mères universitaires, cette recherche contribue à une compréhension plus inclusive du travail intellectuel et des conditions de production du savoir dans les universités contemporaines.