Jean François et le skieur acrobatique Mikaël Kingsbury lors d’un événement récent. (Photo : Fédération internationale de ski et de snowboard)
Jean François et le skieur acrobatique Mikaël Kingsbury lors d’un événement récent. (Photo : Fédération internationale de ski et de snowboard)
Viser l’or olympique est un sport d’équipe, et lorsque l’équipe canadienne se rendra en Italie pour les Jeux d’hiver de 2026, l’un des rôles de soutien essentiels consistera à aider les athlètes à se préparer à offrir leur meilleure performance. Jean François Ménard, diplômé de l’Université d’Ottawa à deux reprises (M.A. 2007, B.Sc. 2005), sera l’une des personnes au cœur de cette mission. Expert multisports, il en est à ses sixièmes Jeux olympiques. Cela dit, il n’y participe pas à titre d’athlète, mais d’entraîneur.

À titre de préparateur mental au sein d’Équipe Canada et de consultant auprès de b2ten, Jean François a travaillé avec des athlètes d’élite dans 17 sports olympiques. Également conférencier et auteur à succès, il a publié en 2019 son ouvrage intitulé L’Olympien au bureau : la préparation mentale des champions transposée au monde du travail. « Je travaille avec des personnes qui veulent être les meilleures dans ce qu’elles font », explique Jean  François. 

L’un des athlètes olympiques qu’entraîne Jean François est Mikaël Kingsbury, le skieur acrobatique le plus célèbre de tous les temps et l’un des porte-drapeaux du Canada à la cérémonie d’ouverture. Membre de l’équipe de Kingsbury lors des trois derniers Jeux olympiques, Jean François a une connaissance approfondie de trois de dimensions : la personnalité du skieur, la tâche qu’il doit accomplir et les environnements dans lesquels il compétitionne. 

« Mik aime non seulement gagner, mais aussi repousser les limites. Sa philosophie est la suivante : “S’il y a une compétition, il doit y avoir un gagnant, alors pourquoi pas moi?”. Ce n’est pas de l’arrogance, c’est de la confiance en soi et le plaisir de compétitionner », explique-t-il.

En ce qui concerne la tâche à accomplir, Jean François affirme que le ski acrobatique est un excellent exemple de performance à la demande, car les athlètes doivent traverser un champ de bosses tout en effectuant deux sauts. Les enjeux sont énormes : « Pour une performance olympique, il s’agit de 20 secondes de ski, une fois tous les quatre ans. Si vous ratez votre coup, vous n’avez de seconde chance », mentionne-t-il. 

En plus de ses activités d’entraîneur, Jean François est souvent invité à prendre la parole lors d’événements et de conférences de grande envergure.
En plus de ses activités d’entraîneur, Jean François est souvent invité à prendre la parole lors d’événements et de conférences de grande envergure.

Ensuite, il y a l’environnement en constante évolution, qu’il s’agisse des conditions d’enneigement, de l’heure de l’événement ou de la dynamique de la foule. Dans ce contexte, l’objectif de Jean François et de Mikaël est simple, mais essentiel à la réussite : orienter l’attention de l’olympien vers ce qui compte vraiment. 

Le rôle de Jean François à cet égard exige souplesse et capacité d’adaptation. Il concentre ses efforts d’entraîneur sur l’instant présent, en aidant les athlètes à gérer la pression et à répondre à leurs besoins immédiats. Expert au sein du personnel entraîneur, Jean François travaille en étroite collaboration avec toute l’équipe d’un ou une athlète, afin de créer un plan à 360 degrés pour son entraînement et ses performances. 

Au-delà de la compétition, Jean François rencontre les athlètes pour les aider à mieux cerner leurs émotions, à l’aide de métaphores, d’analogies et de nombreuses séances de remue-méninges sur tableau blanc. « La vraie magie opère dans nos esprits lorsque nous discutons et réfléchissons à des idées, à ce qui pourrait fonctionner », explique Jean François à propos de ces séances. 

JF Menard
« Je travaille avec des personnes qui veulent être les meilleures dans ce qu’elles font »

Jean François Ménard (M.A. 2007, B.Sc. 2005)

Université d’Ottawa : « Le meilleur programme de maîtrise en psychologie du sport au Canada »

C’est à l’Université d’Ottawa que Jean François a découvert le domaine de la performance mentale et la possibilité d’un cheminement de carrière qui lui a permis d’aider les gens à réaliser leurs rêves. 

Il se souvient du cours de psychologie du sport enseigné au baccalauréat par le regretté professeur  Terry Orlick, Ph.D., qui était l’un des plus grands entraîneurs de performance mentale au Canada. 

« Ce cours m’a ouvert les yeux et m’a permis de travailler sur mon passé de rêveur, de fixer des objectifs et de comprendre le pouvoir de l’état d’esprit », raconte Jean François. Après avoir obtenu une maîtrise en psychologie du sport, il affirme que le programme de l’Université d’Ottawa était exceptionnel en raison de sa nature pratique et de la présence de membres du corps professoral qui pouvaient partager leurs expériences réelles. 

« Souvent, en travaillant aux Jeux olympiques, avec les Canadiens de Montréal ou auprès d’un chirurgien, je pouvais mettre le doigt sur un élément particulier que j’avais appris dans un cours en 2006 avec un ou une prof de l’Université d’Ottawa, mentionne Jean François. Ce n’est pas monnaie courante. » 

Jean-François et son livre paru en 2021, How to Train Your Brain like an Olympian.
Jean-François et son livre paru en 2019, L’Olympien au bureau : la préparation mentale des champions transposée au monde du travail.

Des professions diverses, un même état d’esprit pour viser la médaille d’or!

En plus de son travail avec les athlètes, Jean  François accompagne aujourd’hui divers spécialistes dans l’application de la psychologie de la performance à leur domaine. Il a également donné plus d’un millier de conférences pour des organisations comme la NASA, PepsiCo, Red Bull et le gouvernement du Canada. 

« Imaginez un enseignant lorsque les enfants n’écoutent pas et qu’il doit rester confiant pour reprendre le contrôle de la classe. Ou la politicienne qui est fatiguée durant une campagne, mais qui a besoin d’être la meilleure version d’elle-même, poursuit Jean François. Le travail avec des spécialistes de la préparation mentale est encore assez étranger à ces professions, où je dirais que la psychologie de la performance est parfois même plus importante que pour les athlètes. » 

Et il n’est jamais trop tôt pour appliquer la psychologie de la performance. Pour les jeunes qui souhaitent devenir des élites dans leur domaine, Jean François les encourage à multiplier les idées, les découvertes et les expériences de mentorat. « Dans la vingtaine et la trentaine, on a beaucoup d’énergie, et c’est à ce moment-là que le cerveau est encore ouvert et prêt à être façonné », explique-t-il.

L’essentiel, cependant, est de pouvoir réfléchir dans un environnement sans distraction. « Pensez à un joueur de tennis; il n’a pas son téléphone sur sa chaise entre les manches. Il réfléchit à la manière dont il vient de jouer, afin de rester compétitif ou d’ajuster son jeu. »

Ainsi, qu’il s’agisse de s’asseoir pour réfléchir dans le calme ou de sauter sur le canal Rideau pour une partie de hockey nocturne – l’une des activités préférées de Jean François lorsqu’il était étudiant à l’Université d’Ottawa –, une chose est sûre : il n’est pas nécessaire d’être un athlète olympique pour commencer à penser comme tel.