Une génération d’étudiantes et d’étudiants formés. De professeures et professeurs engagés. De partenaires mobilisés.
Et surtout, des milliers de patientes et de patients enfin soignés et compris dans leur langue.
En 1995, les Affaires francophones naissaient d’une idée claire et ambitieuse : former, soutenir et mobiliser des leaders de la santé capables d’apprendre, de soigner et d’enseigner en français, afin que recevoir des soins en français, en Ontario comme ailleurs au pays, devienne une évidence.
Trois décennies plus tard, cette vision est devenue un véritable écosystème et un pilier de l’identité de la Faculté de médecine.
Aux origines : une question d’équité
Au début des années 1990, le besoin est manifeste. Pour de nombreux francophones en situation minoritaire, accéder à des soins dans leur langue demeure difficile. Les impacts sont concrets : incompréhensions, hésitations, fragilisation de la relation de confiance.
Avant 1992, les étudiantes et étudiants francophones en médecine devaient suivre l’ensemble de leur formation en anglais. Les premières activités d’apprentissage en français, mises en place entre 1992 et 1994, marquent donc un tournant déterminant. Pour ces cohortes pionnières, poursuivre des études médicales en français relevait d’une réelle volonté et d’un engagement personnel fort. Un diagnostic externe est alors mené et un plan d’action élaboré, conduisant en 1995 à la création officielle du Bureau des affaires francophones de la Faculté de médecine.
Sa mission s’inscrit d’emblée dans une logique de responsabilité sociale et d’équité : bâtir une formation médicale complète et exigeante en français, tout en renforçant durablement la capacité du système de santé à servir les communautés francophones.
Des débuts audacieux
La fin des années 1990 marque une période d’intense construction. Les stages cliniques se consolident, les partenariats se multiplient, les liens avec les milieux francophones se renforcent. En 1999, l’adhésion au Consortium national de formation en santé (CNFS) élargit le mandat à l’échelle pancanadienne.
La Faculté forme désormais pour les communautés francophones de tout le pays.
Cette phase d’implantation exige détermination et vision. Dre Jeanne Drouin, directrice de 1997 à 2001, se souvient d’années exigeantes, mais profondément porteuses de sens.
« Nous voulions offrir aux étudiantes et étudiants francophones une formation complète, rigoureuse et équivalente, dans leur langue », se souvient-elle. « Ce projet était pour moi une question de justice sociale et de fierté culturelle. Nous avons dû bâtir, recruter, convaincre, créer des stages, développer du matériel, parfois dans un contexte où la légitimité même du programme devait être défendue. Mais voir aujourd’hui ces médecins exercer partout au pays, servir leurs communautés en français, c’est une immense fierté. »
« Nous avons dû bâtir, recruter, convaincre, [...] la légitimité même du programme devait être défendue. Mais voir aujourd’hui ces médecins exercer partout au pays, servir leurs communautés en français, c’est une immense fierté. »
Dre Jeanne Drouin
— Directrice du Bureau des affaires francophones de 1997 à 2001
Sous son leadership, les stages à l’Hôpital Montfort s’élargissent, des milieux en région s’ouvrent, la formation pédagogique des enseignants francophones se structure, et le recrutement étudiant prend de l’ampleur.
Une évaluation externe viendra plus tard confirmer la solidité du modèle et la pertinence de son développement.
De la consolidation à l’innovation
20 ans après leur création, les Affaires francophones évoluent dans une phase de maturité et d’innovation : recrutement pancanadien, développement de réseaux, soutien pédagogique accru, structuration d’un volet de recherche en pédagogie en santé.
Sous la direction de la Dre Kay-Anne Haykal, vice-doyenne, Affaires francophones depuis septembre 2025, la vision s’est élargie à l’ensemble de la Faculté.
« La francophonie ne doit pas être un volet parallèle, mais une dimension intégrée à toutes nos missions : formation, recherche, leadership et engagement communautaire », souligne-t-elle.
« La francophonie ne doit pas être un volet parallèle, mais une dimension intégrée à toutes nos missions : formation, recherche, leadership et engagement communautaire. »
Dre Kay-Anne Haykal
— Vice-doyenne, Affaires francophones
La Faculté de médecine est d’ailleurs la seule faculté à s’être dotée à la fois d’un Bureau des affaires francophones et d’un vice-décanat dédié, témoignant d’un engagement institutionnel unique et structurant.
Aujourd’hui, la formation en français touche la médecine, la pharmacie et les études supérieures, créant une cohérence facultaire forte et durable.
Un impact mesurable, une portée nationale
Plus de 1 000 médecins francophones ont été formés avec le soutien des Affaires francophones. Ils exercent aujourd’hui dans des communautés d’un bout à l’autre du pays.
Derrière ce chiffre, il y a des parcours d’apprentissage complets en français, des milieux cliniques engagés, des superviseurs formés, un corps professoral soutenu.
Le tout s’appuie sur un réseau solide, de l’Hôpital Montfort au CNFS, en passant par de nombreux partenaires communautaires, animé par la conviction que la santé en français se construit collectivement.
Cette trajectoire continue de s’élargir. L’an prochain, la première cohorte du programme de doctorat de premier cycle en pharmacie en français obtiendra son diplôme, marquant une nouvelle étape importante dans le développement de la formation francophone à la Faculté de médecine et confirmant l’essor d’une offre intégrée en santé entièrement accessible en français.
Une francophonie en mouvement
La francophonie d’aujourd’hui est plurielle, inclusive et tournée vers l’avenir.
Communautés franco-ontariennes, francophones à travers le Canada, francophones issus de l’immigration, francophiles engagés et membres de la communauté bilingue : tous contribuent à enrichir la formation et la recherche.
Pour la Dre Haykal, l’objectif demeure clair : « Former des professionnels compétents, capables de répondre concrètement aux besoins des patients francophones, tout en faisant de la francophonie un moteur d’innovation et d’excellence. »
Les prochaines années s’inscrivent dans cette continuité : renforcer l’expérience étudiante et professorale, accroître la visibilité des contributions francophones et soutenir davantage la recherche et l’innovation en français.
Portée par cet engagement partagé, la communauté s’est réunie début mars 2026 pour célébrer le 30e anniversaire des Affaires francophones.
Étudiantes et étudiants, diplômées et diplômés, membres du corps professoral, partenaires et membres de la communauté étaient au rendez-vous pour souligner ce jalon marquant, célébrer les réalisations des trente dernières années et imaginer ensemble la prochaine étape de la francophonie en santé.
Revivez les moments forts de l’événement en images.
Enracinés dans notre histoire. Ensemble vers l’avenir.
Trente ans après leur création, les Affaires francophones demeurent fidèles à leur mission initiale tout en se réinventant sans cesse.
Elles ont formé des générations de professionnelles et professionnels, soutenu des communautés et affirmé le français comme vecteur de qualité, de sécurité et d’humanité en santé.
L’histoire des trente dernières années montre une chose avec clarté : lorsque la francophonie s’organise, collabore et innove, elle transforme durablement le système de santé.
Faites rayonner la santé en français
Depuis trois décennies, le Bureau des affaires francophones forme des professionnelles et professionnels capables de soigner, d’enseigner et d’innover en français, au service des communautés d’un bout à l’autre du pays.
En appuyant le Fonds du Bureau des affaires francophones de la Faculté de médecine, vous contribuez directement à renforcer la formation, la recherche et l’accès équitable aux soins en français.
Votre don aide à faire en sorte que, pour les générations à venir, recevoir des soins dans sa langue demeure une réalité et non une exception.