Cet étudiant de troisième année à la Section de common law, qui obtiendra son diplôme comme prévu en juin, a appris qu’il était atteint d’une tumeur au cerveau alors qu’il était en première année.
Mais grâce à une chirurgie et à un nouveau médicament expérimental, le vorasidenib, l’avenir s’annonce prometteur – et Alex Hepner est déterminé à aider comme il peut.
« Si prendre la parole me permet de faire avancer les choses ne serait-ce que de 0,1 % pour quelqu’un qui est dans une situation semblable, ça en vaut la peine », dit-il.
« Quand j’étais en pleine phase de diagnostic, pendant ma première année en droit, je cherchais des exemples de personnes qui n’ont pas renoncé à leurs objectifs ni ralenti leur rythme et qui ont continué à aller de l’avant malgré tout. C’était important pour moi. Si je peux devenir cet exemple pour qui que ce soit et montrer que recevoir ce genre de diagnostic ne nous oblige pas à tout changer ni à freiner nos ambitions, alors ce sera pour moi une réussite. »
Rachel Leck, doyenne adjointe des affaires étudiantes, affirme que M. Hepner a fait preuve d’un « engagement remarquable » envers ses études de droit malgré un diagnostic médical difficile.
« Il incarne pour ses camarades la résilience nécessaire pour réussir dans la profession juridique, et nous admirons et partageons son optimisme et son enthousiasme pour l’avenir. »
Lorsqu’il aura obtenu son diplôme et passé son barreau, Alex Hepner effectuera son stage chez Beard Winter LLP à Toronto. Il continuera aussi à être DJ dans la Ville-Reine et à produire de la musique sous son pseudonyme « Hep » pendant ses temps libres.
« Je suis très optimiste quant à l’avenir. À une certaine époque, je n’étais même pas certain de pouvoir obtenir mon diplôme. Mais aujourd’hui, je suis parvenu au sommet, je termine mes études de droit et je me prépare à retourner à Toronto pour commencer le reste de ma vie. C’est vraiment excitant et je ne pourrais pas être plus heureux! »
C’est en juillet 2024 qu’il s’est rendu aux urgences en raison de maux de tête persistants; le diagnostic qui suivrait allait bouleverser sa vie. Le tomodensitogramme a révélé la présence d’une tumeur dans le lobe frontal gauche de son cerveau, une région essentielle au langage et à la mémoire.
Bien qu’on lui ait d’abord conseillé d’attendre et de surveiller l’évolution de la tumeur sans intervenir, il a finalement été réorienté vers le Princess Margaret Cancer Centre, à Toronto, où les médecins ont recommandé une prise en charge plus proactive.
Un traitement ciblé nouvellement approuvé, le vorasidenib, se montrait très prometteur lors des essais cliniques. Après une neurochirurgie ayant confirmé qu’il était un bon candidat, on a commencé, le 28 octobre 2024, à lui administrer le médicament.
L’étudiant a été l’une des premières personnes au Canada à prendre du Voranigo. Le médicament coûte plus de 40 000 $ US par mois, mais il a la chance de pouvoir l’obtenir gratuitement.
Une IRM récente a montré que la tumeur n’avait pas progressé, une victoire en soi. « Ce médicament m’a donné espoir. Il m’a permis de recommencer à rêver », confie-t-il.
Comme la science a changé le cours de sa vie, il met aujourd’hui à profit sa formation juridique pour plaider en faveur d’un investissement continu dans la recherche sur le cancer.
En octobre dernier, il s’est joint à l’American Association for Cancer Research à Washington afin de réclamer une augmentation des fonds alloués à la recherche.
« Ce médicament n’est pas apparu du jour au lendemain. Il a fallu 15 ans de recherche. Et il y a encore aujourd’hui des gens qui n’y ont pas accès », a-t-il déclaré.
« L’association a utilisé mon histoire – depuis la première opération et la biopsie jusqu’au traitement par le vorasidenib – pour montrer toute l’importance des investissements fédéraux dans la recherche médicale. Ce médicament a véritablement changé ma vie, mais il reste encore beaucoup à faire – et le tout dépend des fonds alloués à la recherche. »
Alex a aussi recueilli 25 000 $ pour l’événement Journey to Conquer Cancer de l’Hôpital Princess Margaret et sera mis à l’honneur dans la campagne de collecte de fonds de l’été prochain.
« Mon point de vue est assez simple : pour moi, toutes les occasions sont bonnes pour sensibiliser les gens à cette maladie et aux personnes qui en sont atteintes, peu importe la plateforme ou le public. »
Le message qu’il adresse aux décisionnaires politiques est lui aussi plutôt simple : « La recherche sur le cancer sauve des vies, j’en suis la preuve. Mais elle ne peut exister sans financement. Nous devons continuer à investir pour que plus de gens puissent profiter de leur avenir, un avenir que j’ai moi-même failli perdre. Je suis la preuve vivante de ce que la recherche sur le cancer peut faire. »
L’an dernier, la Faculté a remis à Alex Hepner la première bourse commémorative Alex Stewart, un étudiant qui a obtenu son diplôme de droit à titre posthume en juin dernier, après avoir perdu son combat contre le cancer.
« Je ne connaissais pas beaucoup Alex [Stewart], mais nous avons suivi ensemble les cours de DRPR en janvier, pendant notre première année de droit. On s’assoyait toujours côte à côte, et je me souviens qu’il parlait de ses filles et de notre équipe préférée, les Maple Leafs. J’ai été profondément attristé d’apprendre son décès et j’ai essayé de garder en moi son esprit de résilience tout au long de la dernière année. »
« Recevoir cette bourse est un immense honneur. Elle me motive énormément à ne pas abandonner, tant dans mes études que dans mes activités de sensibilisation à la recherche. »
Alex Hepner, étudiant de troisième année
— Récipiendaire de la première bourse commémorative Alex Stewart
Le mois dernier, Alex Hepner a été mentionné dans notre article sur la grande famille Fauteux, lui qui a commencé ses études en droit 44 ans après que sa grand-mère, Ellen Stensholt, a obtenu son diplôme chez nous, en 1979.
« Ma grand-mère parlait avec bonheur de son passage à Fauteux et ça m’a grandement marqué. Son expérience a assurément influencé mon choix. C’est comme si je poursuivais une tradition familiale tout en forgeant mon propre chemin. »