Il peinait à trouver et à mobiliser les étudiantes et étudiants nécessaires pour bâtir l’application quand, lors de portes ouvertes, il a parlé avec Marie-Eve Sylvestre, rectrice et vice-chancelière de l’Université d’Ottawa. Elle lui a appris qu’il pouvait suivre un cours autodirigé pour continuer à travailler sur Next Room.
Ça a été une véritable révélation : au trimestre d’hiver 2026, Aidan a pu suivre un cours à crédits et profiter gratuitement de talents étudiants en développement logiciel, en opérations, en planification événementielle, en mobilisation communautaire et en création de contenus. Le projet a rassemblé nombre d’étudiantes et étudiants comme Rime Nasser Eddine, étudiante de deuxième année en génie logiciel, Melvyn Avoa, étudiant de troisième année en génie informatique Sophia Dang, étudiante de deuxième année en psychologie, ainsi qu’Elliot Renaud, Louis Marcellu et Auguste Nathanaël Hazen, étudiants de troisième année à l’École de gestion Telfer.
« Le cours autodirigé a vraiment aidé à accélérer le développement de composantes clés de l’application, surtout en ce qui a trait à la technologie de vérification qu’on est en train d’élaborer, se réjouit Aidan. Je trouve ça vraiment super que l’Université d’Ottawa offre ce genre de cours. Comme étudiantes et étudiants, on a plein de bonnes idées de solutions pour les problèmes qu’on rencontre dans la vie, mais avec cinq cours, c’est difficile d’avoir le temps de les concrétiser. Quand on peut réaliser notre idée dans le cadre d’un cours, ça change la donne. »
Pour une baisse du stress des étudiantes et étudiants locataires
C’est après avoir constaté un réel besoin pour une expérience locataire étudiante moins stressante qu’Aidan a eu l’idée de Next Room. L’application fournit des renseignements, notamment sur les démarches à suivre pour sous-louer son logement, les façons de repérer les arnaques, les risques de ne pas figurer sur le bail et les ressources officielles offrant des conseils juridiques et sur le logement. À sa première année, Aidan a habité sur le campus, à la résidence 90U. Cependant, comme de nombreux autres étudiantes et étudiants, il a ensuite décidé d’explorer des options de logement hors campus.
« Lorsque je suis arrivé ici de Muskoka, je ne connaissais pas grand monde, explique-t-il. Je consultais Facebook Marketplace, Rentals.ca et le babillard de logements hors campus. L’offre était vaste, et je me sentais dépassé. Au début, je ne savais même pas en quoi consistait une sous-location. C’était très déconcertant… je ne savais pas quoi faire. »
Pour Aidan, la plateforme est caractérisée par les liens qu’elle crée. Conçue par et pour la communauté étudiante, elle sert de ressource fiable pour louer un logement à plusieurs, trouver des colocataires, consulter les prix des loyers et les emplacements, demander une visite et accéder à des visites virtuelles. Le jeune entrepreneur espère lancer Next Room d’ici septembre 2026. Il indique que 1 200 étudiantes et étudiants se sont inscrits pour utiliser l’application lorsqu’elle sera inaugurée.
« Ce que j’ai le plus développé, ce sont mes compétences de collaboration. Travailler en équipe, c’est gratifiant, mais ça entraîne aussi des difficultés qu’on doit savoir résoudre. Ce qui nous mène au leadership et à la gestion de projets. »
Aidan Fitzmaurice
— étudiant de deuxième année en science politique et fondateur de Next Room
Des retombées sociales : le Sprint contre l’itinérance étudiante
En plus du cours autodirigé, les étudiantes et étudiants qui participaient au projet Next Room ont mis sur pied le Sprint contre l’itinérance étudiante, un événement de sensibilisation qui avait lieu le 1er avril. Plus de 50 étudiantes et étudiants ont participé à une série d’épreuves de type « Amazing Race », leur exigeant de bâtir des abris, de déboulonner des mythes sur le logement, de simuler un déménagement et de monter des budgets. L’activité a été organisée en collaboration avec le club étudiant de la Fondation Koi, le Coin carrière et la Faculté des sciences sociales. Elle a permis de récolter plus de 500 $ pour le Bureau des services à la jeunesse d’Ottawa, en plus de dons d’articles essentiels.
Il n’a par ailleurs pas été facile de trouver des études sur l’itinérance étudiante à Ottawa. Aidan raconte que peu d’information est accessible sur le sujet, mais qu’un sondage de l’Université York a conclu qu’environ 5 % des étudiantes et étudiants universitaires n’ont pas de domicile fixe ou sont à risque d’itinérance.
Sans compter le problème des étudiantes et étudiants qui ont des ententes informelles et dont le nom ne figure pas au bail : « Si une connaissance vous dit ‘Viens donc vivre avec moi’, mais qu’ensuite, il y a un conflit et que vous vous faites mettre à la porte, vous n’avez aucun recours auprès de la Commission de la location immobilière, parce qu’aucun document officiel ne vous protège », illustre Aidan. Il ajoute que Next Room vise à prévenir les ententes informelles et à étudier le taux d’itinérance étudiante.
Une communauté universitaire investie
Aidan témoigne du soutien incroyable offert par la communauté universitaire. Plus de 20 étudiantes et étudiants ont été bénévoles pour le Sprint. La Faculté des sciences sociales a fait un don de 1 000 $ et a trouvé des lieux sur le campus pour tenir certaines des épreuves. Le Coin carrière a fourni deux bénévoles et l’équipe responsable de l’engagement communautaire a veillé à ce que le temps consacré par les bénévoles soit consigné à leur Attestation de bénévolat.
Le projet Next Room est un bel exemple du potentiel de l’apprentissage expérientiel autodirigé pour la transformation des idées étudiantes en solutions concrètes. Il démontre aussi à quel point la communauté de l’Université d’Ottawa accueille et encourage pleinement les idées innovantes.
Les apprentissages d’un cours autodirigé
D’autres étudiantes et étudiants du cours autodirigé ont vu leur contribution reconnue par l’intermédiaire de cotes de cours liés à leur domaine d’études.
Elliot, lui, a traduit des documents vers le français, créé des contenus, aidé à planifier le Sprint et trouvé des commanditaires.
« J’ai gagné de l’expérience et des connaissances qui me seront utiles dans ma future carrière, dit-il. J’ai énormément peaufiné mes aptitudes organisationnelles. J’ai aussi développé des compétences de négociation, en concluant des partenariats avec des boutiques qui ont accepté de commanditer le Sprint avec des prix d’une valeur d’environ 700 $ pour les personnes gagnantes. Cette expérience a été un excellent tremplin pour ma carrière professionnelle. »
« Avant de me joindre à l’équipe, je n’avais aucune expérience dans la création de modèles d’IA sur mesure. J’ai créé un outil qui permet aux propriétaires de numériser leur propriété et qui repère différentes caractéristiques du logement. »
Rime Nasser Eddine
— Étudiante de deuxième année en génie logiciel
Rime déclare : “(Le outil) vérifie aussi que les données GPS au moment de la captation concordent avec l’adresse indiquée dans l’affichage. De plus, il permettra aux étudiantes et étudiants d’accéder à une visite virtuelle en 3D du logement, pour une meilleure interactivité et leur donner une idée des lieux. L’autre avantage, c’est que lorsque la personne aura emménagé, on l’invitera à capter le logement, ce qui permettra au système de superposer les données pour vérifier à quel point l’affichage soumis par la ou le propriétaire était représentatif. »
Elle rapporte que le cours autodirigé a nourri ses compétences autodidactes, sa curiosité, son sens de l’initiative et ses aptitudes en résolution de problèmes, des habiletés qui lui serviront toutes dans sa carrière à venir.
« J’ai aidé à la création de contenus, comme la captation vidéo pour le compte Instagram de Next Room, et à la planification d’événements. Ces fonctions m’ont appris beaucoup sur le marketing et le réseautage. »
Sophia Dang
— Étudiante de deuxième année en psychologie et représentante marketing de Next Room
Pour révéler de nouvelles forces, gagner en assurance et plonger dans des sujets qui vous fascinent, assistez à une séance d’information sur les cours autodirigés en mai ou en juin.
Pour en savoir davantage sur le logement hors campus, consultez l’information de l’Université d’Ottawa à ce sujet. Vous y trouverez des conseils utiles, des liens vers des ressources et des renseignements sur divers quartiers.