Raneem a la fibre scientifique depuis l’enfance. « Plus jeune, se souvient-elle, j’avais toujours des questions. Je voulais tout comprendre. » Encouragée par son père, elle a participé à une première expo-sciences pour présenter un projet théorique sur l’immunothérapie du cancer. Elle en est revenue transformée, déterminée à s’engager dans la recherche scientifique. Mais c’est après une expérience personnelle qu’elle a choisi sa voie : en plein camp STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques), l’adolescente a été témoin d’un AVC. « C’était traumatisant, explique-t-elle, et je voulais comprendre exactement ce qui s’était passé. » C’est cette décision qui l’a amenée à étudier l’effet d’une exposition aux statines (des médicaments qui font baisser le taux de cholestérol) sur les cellules souches du cerveau. Son cobaye? Le poisson-zèbre. Son objectif? Comprendre le lien entre statines et hémorragie cérébrale, mais aussi le processus d’autoréparation du cerveau après l’hémorragie.
Trouver sa place à l’Université d’Ottawa
Déterminée à traduire ses questions en véritable projet de recherche, Raneem a contacté plusieurs laboratoires avant de trouver le bon, à l’Université d’Ottawa. Elle s’intéressait particulièrement à celui du professeur Marc Ekker, qui étudie la formation de neurones et les troubles neurobiologiques rares chez le poisson-zèbre, deux sujets qui la fascinent. « Quand j’ai reçu le courriel de Marc Ekker, qui était d’accord pour m’aider dans mon projet, j’étais enchantée », se remémore-t-elle. Le professeur Ekker l’a donc accueillie dans son laboratoire. Avec l’aide du technicien Vishal Saxena, la scientifique s’est plongée dans le monde des images par fluorescence pour apprendre à suivre les cellules progénitrices neurales et analyser les schémas de régénération chez l’embryon du poisson-zèbre.
De l’expo-sciences d’Ottawa jusqu’à la scène internationale
Tous ces efforts ont porté leurs fruits : à l’Expo-sciences régionale d’Ottawa, Raneem, âgée de 16 ans et en 11e année, a remporté le premier prix dans la catégorie « senior », en plus d’une marque de reconnaissance de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa. Après cette victoire, la chercheuse s’est rendue à l’expo-sciences canadienne, puis au London International Youth Science Forum, où elle a présenté son projet à un public composé de récipiendaires du prix Nobel, de pairs et de scientifiques de renommée mondiale originaires de 92 pays en tout.
Au siège social de la Royal Geographical Society, entourée d’autres scientifiques en herbe, elle a compris toute l’importance de présenter ses travaux à un public élargi : « C’était encourageant de voir autant de personnes s’intéresser à mon projet. »
Surmonter les obstacles, devenir source d’inspiration
Ce parcours témoigne aussi de l’ouverture de l’Université d’Ottawa face aux jeunes scientifiques. Le professeur Ekker explique : « Quand on accueille des élèves du secondaire en laboratoire, quelle que soit leur expérience, on commence à former les visionnaires de demain. »
Le parcours de Raneem est loin d’être terminé. Elle a été sélectionnée pour représenter le Canada à l’Expo-sciences internationale de 2025, organisée à Abu Dhabi par le Mouvement international pour le loisir scientifique et technique (MILSET). À l’heure des préparatifs, elle espère que son expérience donnera envie à d’autres jeunes scientifiques de prendre l’initiative, de demander de l’aide et de traduire leur curiosité en action.
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