Lancé en 2025, le projet a servi à marquer le 150e anniversaire de la Cour suprême. La Faculté de droit de l’Université et sa plateforme audiovisuelle, Jurivision, ont mis plus de deux ans à développer cette initiative qui vise à renseigner le public sur le fonctionnement interne, l’histoire et l’héritage de la Cour.
L’Expérience Cour suprême est composée de deux volets. Échos de la Cour est un jeu vidéo immersif où l’on parcourt les couloirs de la Cour suprême à la recherche d’« échos », ces fragments de témoignages puisés dans des affaires qui y ont été entendues. Clés de la Cour est une plateforme d’apprentissage qui combine de courts documentaires et des activités interactives.
Joey Issa, maintenant étudiante de quatrième année en informatique, a participé à la conception du jeu. Elle a entre autres développé des trames narratives visuelles, du contenu numérique, des mécaniques de jeu et des objectifs pédagogiques.
« C’est une de mes meilleures expériences à l’Université », dit celle qui a travaillé sur le projet pendant quatre mois lorsqu’elle était en première année.
« J’ai pu appliquer des concepts appris en classe et au Club de développement de jeux de l’Université d’Ottawa à un projet concret accessible partout au Canada. »
Joey Issa
— Étudiante de quatrième année en informatique
Avec le professeur Thomas Burelli de la Faculté de droit et trois autres adeptes étudiants de programmation, elle a conçu les thèmes et les mécaniques d’un jeu amusant qui rend aussi hommage à la Cour suprême.
L’intérieur du bâtiment a été analysé à l’aide de caméras 3D, puis recréé numériquement par des artistes visuels 3D du studio Awastoki, une entreprise autochtone de Wendake, au Québec. En tout, plus de 500 objets – notamment des portraits d’anciennes et anciens juges, une horloge unique et le siège où s’assoient les juges – se retrouvent dans la reproduction virtuelle de ces lieux sacrés.
Clés de la Cour montre le tribunal en action sous différents points de vue : celui de juges qui pèsent leurs décisions, de juristes qui portent la voix de leurs clients et clientes, de personnes dont la vie a été marquée par un jugement, ainsi que d’universitaires qui analysent ce que ces causes révèlent sur notre société. Les vignettes montrent une perspective intime de ce tribunal où sont rendus des jugements qui reflètent le monde dans lequel nous vivons.
Delphine Vauclair, étudiante de troisième année en droit civil, a été chercheuse en droit pour Clés de la Cour et a transformé en récits digestes les histoires complexes de personnes qui sont à l’origine de décisions clés. Elle a vu à ce que les mots utilisés soient clairs, concis et compréhensibles pour les personnes qui ont peu de connaissances juridiques.
« J’ai été émerveillée tout au long de cette expérience. Je faisais mon travail un peu sous le coup de l’admiration – ce qui, je pense, est le cas pour beaucoup d’étudiantes et étudiants en droit », raconte Delphine.
Elle explique que pendant les 18 mois qu’elle a passés à travailler sur le projet avec Jurivision, elle a beaucoup appris sur le système judiciaire canadien, la manière dont les juges travaillent ensemble et le fonctionnement des tribunaux au quotidien.
« J’ai pu me faire une idée de ce que c’est que de comparaître devant la Cour suprême comme avocate plaidante, une carrière qui m’attire beaucoup. »
Delphine Vauclair
— Étudiante de troisième année en droit civil
Afin de bien rendre les différentes histoires, les vidéos ont été réalisées à partir d’images tournées partout dans le pays, de Halifax à Victoria. Cinq des cinquante vignettes donnent la parole à des citoyennes et citoyens qui ont porté leur affaire jusqu’à la Cour suprême. On y découvre les histoires de ces personnes, leur expérience avec le système de justice et les conséquences pour elles-mêmes, leur famille et leur communauté. Les vidéos proposent cinq façons de comprendre la justice et ses histoires à échelle humaine.
Sophia Fiorilli, étudiante de deuxième année du Programme de droit canadien, est assistante à la production. Elle fait la promotion du jeu auprès d’organismes qui font de l’éducation juridique, notamment la Fondation Rideau Hall et Éducaloi, ainsi que dans des communautés partout au Canada.
« Maintenant, on doit communiquer avec d’autres organismes et faire passer le mot », explique Sophia, ajoutant que le public cible est principalement composé d’élèves du secondaire.
« Pendant la rédaction du cours et des bandes sonores du jeu, on a tout adapté pour un public plus général. Mais je pense que dès le secondaire, tout le monde devrait savoir ce qui se passe dans notre gouvernement et connaître le fonctionnement de nos tribunaux. Je pense aussi que les personnes qui sont à l’université et qui n’ont pas appris ces notions au secondaire devraient chercher à les acquérir. Et pour les autres, il est bon de rafraîchir leurs connaissances. »
Charlie Morham, également étudiant de deuxième année du Programme de droit canadien, affirme que l’un des moments forts de sa participation à l’événement de lancement du projet a été la rencontre avec des juges de la Cour suprême. Il dit que l’expérience a été « vraiment cool » pour un étudiant en droit comme lui, même si certaines personnes doutaient un peu du projet à ses débuts.
Axel Kouamé, étudiant de deuxième année en administration publique, a fait l’essai pour la première fois de l’Expérience Cour suprême lors d’une présentation organisée au Carrefour des apprentissages (CRX) le 26 novembre, en compagnie de beaucoup d’autres étudiantes et étudiants. Même s’il joue généralement à Yu-Gi-Oh! ou à Genshin Impact, il affirme avoir vraiment apprécié le caractère immersif de la simulation.
« Ce jeu est une très belle initiative de la Faculté de droit, qui permet à tout le monde d’explorer le monde juridique, y compris la Cour suprême. »
Axel Kouamé
— Étudiant de deuxième année en administration publique
C’est maintenant à vous d’acquérir une nouvelle perspective et de vous amuser. Tentez l’Expérience Cour suprême, une initiative réalisée ici même, par des étudiantes et étudiants de l’Université d’Ottawa, pour toute la population étudiante du Canada. Un beau moment de fierté!