L’innovation médicale mondiale a de beaux jours devant elle, et l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle (AI) est appelée à jouer un rôle véritablement transformateur dans ce domaine. L’IA assume en effet un éventail de plus en plus varié de fonctions allant de la synthèse de données de recherche complexes à l’optimisation des flux de travail cliniques, en passant par l’analyse d’images à l’aide d’outils de détection en vue d’améliorer les résultats pour les patients et patients.
Un nouveau centre névralgique dédié à la recherche, à la formation et à l’innovation en matière d’IA médicale a été créé à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa pour faciliter les collaborations transversales de demain et renforcer l’avantage concurrentiel de notre communauté dans un environnement en constante évolution.
Dirigé par le professeur Khaled El Emam, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en intelligence artificielle médicale, l’Institut de recherche en IA médicale d’Ottawa (IRIAMO) est un centre de ressources conçu pour tirer parti de l’IA médicale à plus grande échelle afin d’accélérer les progrès de la recherche, de bonifier l’enseignement et d’améliorer l’équité en santé grâce à des outils fondés sur des données. (Cliquez icipour vous abonner à l’infolettre de l’IRIAMO.)
En plus de démontrer les possibilités offertes par l’IA en partenariat avec les hôpitaux et instituts de recherche affiliés à la Faculté de médecine, l’IRIAMO contribuera à renforcer nos équipes multidisciplinaires, à préparer les étudiantes et étudiants en médecine à innover tout au long de leur carrière et à confirmer le rôle de premier plan que joue l’écosystème de recherche dynamique d’Ottawa dans ce domaine hautement compétitif.
Accélérer les percées en IA médicale
Le professeur Khaled El Emam croit qu’il est essentiel de travailler plus vite pour s’adapter aux changements rapides qui caractérisent le monde dans lequel on vit.
« L’innovation et la commercialisation peuvent se faire en parallèle. Ça devrait d’ailleurs toujours être le cas. »
Le Dr Khaled El Emam
— Chaire de recherche du Canada en intelligence artificielle médicale
« Le temps presse, et on ne peut plus se permettre d’avancer aussi lentement qu’avant. Toutes les personnes capables d’apporter leur contribution, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Université, doivent comprendre l’urgence de la situation », soutient M. El Emam, professeur titulaire à l’École d’épidémiologie et de santé publique et chercheur principal à l’Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario.
« On doit aller le plus vite possible pour rester concurrentiels », conclut-il.
Transposer plus rapidement l’innovation dans les soins
Établi dans les locaux de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, le nouvel Institut vise à faire connaître le potentiel qu’offrent la commercialisation et l’IA médicale. Après tout, on sait que la commercialisation permet d’accélérer considérablement l’application des résultats de recherche dans la pratique.
Elle peut ainsi offrir aux chercheuses et chercheurs en médecine un moyen de voir leurs travaux les plus novateurs adoptés plus rapidement, même à l’échelle mondiale. Elle leur permet d’avoir un impact plus important qui va au-delà de l’avancement des connaissances scientifiques par la publication d’articles. L’enjeu est de taille : les chercheuses et chercheurs qui consacrent des années à l’élaboration de nouvelles idées peuvent en faire des outils ou des solutions pratiques qui profitent plus rapidement aux patients et patientes.
Le professeur El Emam est un guide extrêmement compétent pour tout ce qui touche la commercialisation de la recherche et la production de financements. Il a fondé ou cofondé huit entreprises spécialisées dans la gestion et l’analyse de données, deux domaines cruciaux du secteur de la santé.
« On veut encourager les cliniciennes et cliniciens, les chercheuses et chercheurs et les étudiantes et étudiants à sortir leurs innovations des laboratoires, dit-il. L’Université dispose de ressources substantielles pour aider à la commercialisation, et on veut inciter les gens à en tirer parti.
« L’innovation et la commercialisation peuvent se faire en parallèle, poursuit-il. Ça devrait d’ailleurs toujours être le cas. La première étape, c’est de faire comprendre aux gens qu’il est possible de commercialiser les résultats de la recherche, que d’autres personnes l’ont fait et qu’on peut obtenir de l’aide pour y parvenir. »
D’après le professeur El Emam, l’IRIAMO vise à aider les équipes de recherche à démarrer des entreprises à partir des découvertes faites en laboratoire, à continuer d’innover et à mettre en marché leurs meilleures idées. L’Institut s’emploiera à faire connaître des sources de financement non traditionnelles qui sont actuellement sous-utilisées, notamment les fondations qui appuient l’IA médicale et les groupes de philanthropie qui financent le démarrage d’entreprises.
Créer des communautés de pratique pour mettre au point des solutions d’IA médicale
Des chercheuses et chercheurs et des cliniciennes-chercheuses et cliniciens-chercheurs de talent de l’Université d’Ottawa et des hôpitaux et instituts affiliés pilotent actuellement des travaux novateurs en matière d’IA médicale. Cette communauté de recherche a notamment créé un algorithme d’IA, le premier du genre au monde, qui a permis d’accélérer les diagnostics de maladies rares chez les enfants.Notre communauté ne tire pas sa force d’un seul domaine : elle compte des expertes et experts de multiples spécialités, dont un bon nombre sont des sommités dans leur domaine.
Jusqu’à récemment, toutefois, il n’existait pas de pôle commun permettant de cerner les besoins de la communauté de recherche ou de déterminer les meilleurs moyens d’éliminer les sources de friction à l’origine des goulots d’étranglement.
« On veut encourager les cliniciennes et cliniciens, les chercheuses et chercheurs et les étudiantes et étudiants à sortir leurs innovations des laboratoires. »
Le Dr Khaled El Emam
— Professeur à la Faculté de médecine de l'Université d'Ottawa et directeur de l'IRIAMO
Le professeur El Emam affirme que l’IRIAMO a été créé pour pallier ces lacunes et aider les chercheuses et chercheurs de la Faculté et des instituts affiliés à poursuivre leurs travaux percutants en matière d’IA médicale, ou à en amorcer de nouveaux, notamment dans les domaines de la science fondamentale et de la recherche clinique. L’un des principaux objectifs est de faciliter l’accès aux ressources dont les chercheuses et chercheurs en médecine ont le plus besoin, notamment la puissance de traitement, les logiciels, les talents et le financement.
« On veut créer des communautés de pratique pour permettre aux chercheuses et chercheurs et aux étudiantes et étudiants qui travaillent sur des problèmes semblables ou qui utilisent des outils semblables de mettre en commun leurs idées et de tirer parti des expériences des autres », explique le professeur El Emam.
D’après lui, la communauté de l’Université d’Ottawa et ses prestigieux partenaires affiliés peuvent compter sur une expertise remarquablement diversifiée. Mettre ces compétences au service de la résolution des défis liés à l’IA médicale (qu’ils soient d’ordre technique, éthique ou juridique) permet d’accélérer les progrès pour tout le monde.
« Il n’est pas rare que les méthodes et outils utilisés soient semblables d’un projet à l’autre : les communautés peuvent donc unir leurs forces pour mobiliser les ressources essentielles dont tout le monde a besoin. Grâce à cette approche, le milieu de la recherche progresse plus rapidement et tout le monde comprend mieux les processus réglementaires », explique le professeur.
La formation de deux jours axée sur l’IA médicale à laquelle il a récemment participé au Koweït en compagnie d’autres spécialistes de l’Université d’Ottawa illustre bien l’expertise diversifiée de notre communauté. Parmi l’assistance se trouvaient des professionnelles et professionnels de la santé et des chercheuses et chercheurs.
Susciter des vocations et outiller la nouvelle génération
Dans un premier temps, l’IRIAMO veut mettre l’accent sur l’avancement de la recherche médicale et la mise en place d’outils d’IA respectueux de l’éthique, mais on accordera beaucoup d’importance à la formation lors des étapes ultérieures.
Selon le professeur El Emam, l’un des principaux objectifs est de bonifier la formation sur l’IA offerte par la Faculté de médecine à la communauté étudiante, aux apprenantes et apprenants et aux cliniciennes et cliniciens. « On veut leur offrir la possibilité de développer leurs compétences en matière d’IA en général et d’IA médicale dans leur spécialité », explique-t-il.
On ne part pas complètement de zéro : l’Institut s’efforce en effet de tirer parti des excellents travaux réalisés ailleurs pour se concentrer sur les problèmes non résolus. Ainsi, d’après le professeur El Emam, l’Université de Toronto a mis au point d’excellentes ressources pédagogiques sur l’IA médicale que l’Université d’Ottawa peut partager avec les membres de son corps professoral ainsi qu’avec les cliniciennes et cliniciens.
L’éducation compte, certes, mais il est tout aussi crucial d’apprendre à utiliser l’IA efficacement dans l’enseignement.
« On enseigne les bases aux étudiantes et étudiants, mais on veut aussi qu’ils apprennent à utiliser l’IA pour coder plus rapidement et produire plus efficacement des résultats d’analyse. C’est vrai pour tous les domaines : on souhaite qu’ils tirent parti de l’IA dans les différentes disciplines, et on veut aussi s’en servir pour enrichir la formation dans son ensemble », soutient le professeur El Emam, qui donne un cours sur l’apprentissage automatique.
Lever les obstacles et maintenir l’excellence
Comment le professeur El Emam conçoit-il le succès du nouvel Institut? Il dit que faciliter l’accomplissement du travail important des chercheuses et chercheurs constituera une réussite majeure à ses yeux.
« Toutes les personnes capables d’apporter leur contribution, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Université, doivent comprendre l’urgence de la situation. »
Le Dr El Emam
— Chaire de recherche du Canada en intelligence artificielle médicale
« Tout le monde rencontre des difficultés en ce moment. On a du mal à avoir accès aux données, à obtenir des ressources informatiques et à recevoir à temps les financements nécessaires. Notre objectif est de faire en sorte qu’il soit plus facile de surmonter ces obstacles », explique-t-il.
Le professeur El Emam insiste sur le fait que les difficultés qui freinent la réalisation de notre plein potentiel ne relèvent ni d’un manque d’idées ni d’un manque de compétences, et qu’il s’agit plutôt d’obstacles fondamentaux qui ralentissent tout le monde.
Pour dépasser ces difficultés, on a déjà donné le coup d’envoi d’un programme prometteur visant l’intégration de trois projets :
- Le lancement d’Archimedes, une plateforme de données sur la santé financée par l’Interconnectome Cœur-Cerveau qui peut être utilisée pour assurer la gouvernance des données, satisfaire les besoins informatiques et réaliser d’autres tâches de recherche.
- Le déploiement d’une plateforme d’examen systématique capable d’accélérer le processus d’évaluation, qui constitue souvent la première étape d’un projet de recherche.
- L’adoption généralisée par notre communauté de la plateforme Fuel iX de Telus, qui offre une interface conviviale pour plusieurs grands modèles de langage et rend ainsi plus accessibles les capacités avancées de l’IA.
« Dès qu’on aura réglé ces questions fondamentales, on pourra s’attaquer à de nouveaux défis. Ces problèmes existent partout, mais on croit qu’on a la capacité de les résoudre. C’est l’objectif qu’on s’est fixé », explique le professeur El Emam.