Ce programme de recherche conjoint lie le Centre de recherche Éric-Poulin sur les maladies neuromusculaires (CRMN) de l’Université d’Ottawa et le Laboratoire de physiopathologie et génétique du neurone et du muscle (PGNM) de l’Université Claude Bernard Lyon 1 – deux instituts de pointe spécialisés dans la recherche sur les maladies neuromusculaires qui possèdent des expertises complémentaires en recherche fondamentale et clinique.
Dans le cadre du concours de 2025, quatre projets de collaboration ont été sélectionnés, chacun recevant 20 000 dollars canadiens de l’Université d’Ottawa et 20 000 euros de l’Université Claude Bernard Lyon 1. Les projets financés couvrent divers sujets de recherche neuromusculaire, dont le rôle de la réponse intégrée au stress dans les troubles mitochondriaux, la fonction d’un gène nouvellement identifié en lien avec des troubles neuromusculaires et neurodéveloppementaux (hypotonie et épilepsie), la contribution des mitochondries des cellules souches musculaires à l’accrétion myonucléaire et au vieillissement, et l’essai de thérapies à base d’antioxydants pour réduire les manifestations de l’atrophie musculaire spinale.
Ces projets ont été évalués, classés et récompensés à l’issue d’un processus concurrentiel mettant l’accent sur l’excellence de la recherche, la synergie et la collaboration, l’innovation et la durabilité. Dans le cadre de la procédure de présentation de dossiers, les candidates et candidats ont prouvé qu’ils avaient suivi une formation sur l’analyse comparative fondée sur le sexe et le genre Plus (ACSG+) ou sur l’inclusion, la diversité, l’équité, l’accessibilité et la justice sociale (IDEAS), reflétant l’engagement de la Faculté à l’égard de ces principes.
Lauréates et lauréats des bourses de recherche collaborative CRMN-PGNM de 2025
Le Dr David Dyment (Département de pédiatrie, Université d’Ottawa; IR-CHEO) et la Dre Binnaz Yalcin (Institut NeuroMyoGène, Université Claude Bernard Lyon 1)
Studying WDR47-related neuromuscular disease in human and mice
Les maladies génétiques rares demeurent un défi clinique majeur, beaucoup de patientes et patients n’ayant pas de diagnostic moléculaire clair. Les scientifiques se penchent sur le gène WDR47 nouvellement identifié lié à des troubles neuromusculaires et neurodéveloppementaux caractérisés par un faible tonus musculaire (hypotonie) et des crises convulsives. Par l’intégration d’études génétiques humaines à des modèles de souris, ce projet collaboratif vise à mieux comprendre comment des modifications à une seule copie (monoallélique) et à deux copies (biallélique) du gène WDR47 provoquent la maladie. Pour ce faire, l’équipe élargira et caractérisera soigneusement les cohortes de patientes et patients afin de définir les relations génotype-phénotype et étudiera les modèles de souris dont un gène a été inactivé et un gène activé afin de découvrir les mécanismes biologiques impliqués. L’ensemble de ces travaux pourrait permettre de mieux comprendre les troubles liés au gène WDR47, d’améliorer le diagnostic pour les personnes touchées et de jeter les bases de futurs traitements.
La Dre Izabella Pena (Département de médecine cellulaire et moléculaire, Université d’Ottawa; IR-CHEO) et la Dre Hélène Puccio (Institut NeuroMyoGène, Université Claude Bernard Lyon 1)
Investigation of integrated stress response activation across mitochondrial disorders
L’anémie sidéroblastique congénitale et l’ataxie de Friedreich sont des maladies héréditaires qui perturbent la biogenèse de l’hème et des amas de fer-soufre – des voies mitochondriales essentielles qui régulent l’utilisation du fer pour la production d’énergie et la santé cellulaire. Si ces maladies sont causées par des défauts génétiques différents, ce projet de recherche suggère qu’elles ont toutefois un mécanisme sous-jacent commun : l’activation chronique de la réponse intégrée au stress (ISR) médiée par la kinase de l’inhibiteur régulé par l’hème (HRI), entraînée par un déséquilibre en fer. L’équipe testera le rôle de l’HRI, effectuera des analyses métabolomiques et décortiquera les mécanismes moléculaires impliqués. Cibler cette voie commune pourrait permettre de découvrir de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les maladies mitochondriales rares et de faire de la modulation de l’ISR un paradigme thérapeutique plus large.
La Dre Mireille Khacho (Département de biochimie, microbiologie et immunologie, Université d’Ottawa) et la Dre Anita Kneppers (Institut NeuroMyoGène, Université Claude Bernard Lyon 1)
Muscle stem cell mitochondria in myonuclear accretion and aging
Le muscle squelettique vieillissant subit un profond déclin structurel et métabolique, qui aboutit à la sarcopénie – la perte progressive, liée à l’âge, de la masse, de la force et de la fonction musculaires. De nouvelles données indiquent que les cellules souches musculaires ne se contentent pas d’ajouter de nouveaux noyaux aux fibres musculaires en croissance : elles transfèrent également des mitochondries, ce qui suggère un nouveau mécanisme liant la croissance musculaire à la plasticité métabolique.
Les scientifiques étudient comment la protéine OPA1, qui contrôle la forme et la fonction des mitochondries, influence les contributions des cellules souches musculaires aux fibres musculaires. Plus précisément, l’équipe examinera comment le comportement des mitochondries dans les cellules souches musculaires influence l’ajout de nouveaux noyaux, le transfert des mitochondries dans les fibres musculaires et la capacité de la fibre musculaire à adapter son métabolisme. En utilisant des modèles génétiques dans lesquels la fonction OPA1 est perturbée, elle déterminera comment une régulation mitochondriale défectueuse dans les cellules souches musculaires conduit à un dysfonctionnement des fibres musculaires et contribue à la sarcopénie. Dans l’ensemble, ce travail vise à révéler un lien jusqu’alors non reconnu entre les cellules souches musculaires, les mitochondries et le vieillissement musculaire.
Le Dr Rashmi Kothary (Département de médecine, Université d’Ottawa; IRHO) et la Dre Ambra Giglia-Mari (Institut NeuroMyoGène, Université Claude Bernard Lyon 1)
Antioxidant-based therapeutic to mitigate pathological features in Spinal Muscular Atrophy
L’amyotrophie spinale (AS) reste incurable malgré les avancées majeures des thérapies qui restaurent la fonction du gène du motoneurone de survie (SMN), soulignant la nécessité de stratégies complémentaires visant à améliorer les résultats pour les patientes et patients. Des études récentes indiquent que les cellules déficientes en SMN sont très sensibles au stress oxydatif, ce qui suscite un intérêt pour les composés antioxydants en tant que traitements adjuvants potentiels. Un nombre croissant de preuves montre également que l’AS est une maladie systémique qui touche plusieurs organes, y compris les tissus neuromusculaires et cardiaques. Les scientifiques étudient des molécules antioxydantes sélectionnées – au moyen d’un processus de criblage cellulaire ciblé – dans le modèle de souris Smn2B/ de l’AS. L’équipe évaluera leurs effets sur les phénotypes neuromusculaires, cardiaques, moléculaires et métaboliques, évaluera les interactions synergiques potentielles et explorera l’impact du traitement maternel pendant la gestation. Ces travaux visent à établir une base solide pour l’intégration de stratégies antioxydantes dans les schémas thérapeutiques existants pour l’AS. En examinant les atteintes neuromusculaires et cardiaques, l’étude permettra de mieux comprendre le rôle du stress oxydatif systémique dans la pathologie de l’AS et d’évaluer comment les interventions antioxydantes peuvent atténuer les manifestations de la maladie.