Le GIF : faire vivre la médecine en français, concrètement, par Miguel Paquette, M.D. 2028
Le mois de mars, dédié à la francophonie, est l’occasion idéale de souligner le travail du Groupe d’intérêt francophone (GIF) : une initiative étudiante dynamique qui contribue à promouvoir et à valoriser la médecine en français au sein de notre Faculté.
Porté par quatre étudiantes et étudiants de deuxième année du programme de médecine en français, le GIF a pour mission de créer des espaces où les apprenantes et apprenants peuvent apprendre, pratiquer et échanger en français, acquérir des compétences cliniques concrètes et renforcer leur identité professionnelle francophone. Dans un contexte où la formation et la pratique se déroulent souvent en milieu bilingue, voire majoritairement anglophone, le GIF joue un rôle clé pour soutenir la vitalité et la visibilité du français en médecine.
Tout au long de l’année, le GIF propose une variété d’activités, dont des ateliers pratiques (comme des ateliers de sutures) permettant de perfectionner des habiletés techniques tout en consolidant le vocabulaire médical francophone. Le groupe organise également des mini-présentations et des rencontres avec des médecins francophones de diverses spécialités, offrant des occasions précieuses de mentorat, de réseautage et d’échange sur les réalités de la pratique en français au Canada.
Le GIF se distingue aussi par ses collaborations avec d’autres groupes d’intérêt, favorisant une approche interdisciplinaire et inclusive qui enrichit l’expérience étudiante et renforce les liens au sein de la communauté facultaire.
En ce Mois de la Francophonie, le GIF nous rappelle que la langue française est bien plus qu’un outil de communication : elle est un vecteur de culture, d’identité et d’engagement envers des communautés francophones diversifiées. Par ses initiatives, le GIF contribue à former des médecins qui se distinguent par leur compétence, leur engagement et leur fierté de pratiquer la médecine en français.
Pour découvrir leurs activités à venir et rester à l’affût des initiatives étudiantes en français, suivez le GIF sur Instagram : @francomed.ig.
Grandir en français, soigner en confiance, par Laurie Roussel, Rx 2028
Grandir comme francophone au Nouveau-Brunswick, c’est vivre dans une province officiellement bilingue, mais où, au quotidien, on demeure une minorité. C’est apprendre à naviguer entre deux langues, à traduire pour ses proches et à ajuster son vocabulaire selon l’interlocuteur.
« La langue influence la façon dont on se sent écouté, compris et en sécurité – un aspect essentiel dans le domaine de la santé. »
Laurie Roussel
— Rx 2028
Je me souviens des rendez-vous médicaux où certains membres de ma famille cherchaient leurs mots en anglais pour expliquer un symptôme. Ce n’était pas dramatique, mais il manquait toujours quelque chose : une nuance, une précision, parfois même un sentiment. Ces petits moments, presque invisibles, m’ont marquée plus que je ne le réalisais à l’époque. Ils m’ont fait comprendre que la langue influence la façon dont on se sent écouté, compris et en sécurité – un aspect essentiel dans le domaine de la santé.
Lorsque j’ai dû choisir l’université où entreprendre mes études en pharmacie, plusieurs options s’offraient à moi : étudier en anglais en Nouvelle-Écosse, en français au Québec, ou en français à Ottawa. J’ai choisi l’École des sciences pharmaceutiques de l’Université d’Ottawa parce que je voulais étudier en français dans un milieu qui comprend la réalité des communautés francophones en situation minoritaire. Je cherchais une formation qui reconnaît que la francophonie hors Québec comporte ses défis, mais aussi de grandes forces.
Le programme repose sur l’apprentissage actif : apprendre en participant, en analysant des études de cas et en développant son identité professionnelle dès le début.
Même à plus de 900 kilomètres de chez moi, étudier en français me procure un sentiment de proximité avec ma famille, ma culture et ma langue maternelle. Je suis très reconnaissante de pouvoir poursuivre mes études dans cette langue, surtout en sachant que cela me permettra, comme future pharmacienne, d’offrir des soins dans les deux langues officielles du Canada. Pour moi, cette capacité n’est pas seulement un atout professionnel : c’est une responsabilité et une façon très concrète de contribuer à des soins plus accessibles.
Choisir ce parcours, c’était choisir de rester fidèle à qui je suis et de m’engager à faire en sorte que, pour mes futurs patients et patientes, la langue ne soit jamais un obstacle, et à leur offrir un espace de confiance.
Un parcours scientifique ancré dans la francophonie, par Jean-Paul Azzi, étudiant de 4e année en médecine moléculaire et translationnelle
Je m’appelle Jean-Paul Azzi et je suis actuellement étudiant de quatrième année au programme de médecine moléculaire et translationnelle (MMT) à l’Université d’Ottawa. Choisir le volet francophone de ce programme a été, pour moi, une décision naturelle et profondément significative. Ayant grandi dans un environnement entièrement francophone, poursuivre mes études dans cette langue me permet de rester fidèle à ma communauté tout en faisant avancer mon parcours académique.
Contrairement au volet anglophone, qui compte environ 60 étudiantes et étudiants, nous ne sommes qu’une vingtaine dans la cohorte francophone. Nous nous connaissons, nous étudions ensemble et, durant les périodes les plus exigeantes du programme, notre réseau de soutien mutuel devient véritablement indispensable. La taille réduite de la cohorte favorise aussi des relations étroites avec les professeures et professeurs, créant un climat de mentorat et de collaboration qui enrichit grandement l’apprentissage. De plus, le programme MMT met fortement l’accent sur la communication scientifique, notamment à travers des cours comme TMM4950 – Communication scientifique. Ces expériences m’ont permis d’acquérir la capacité de rendre accessibles des concepts scientifiques complexes et de les expliquer clairement en français.
« Poursuivre le programme MMT en français me permet d’unifier mon identité, ma communauté et mes ambitions scientifiques. »
Jean-Paul Azzi
— Etudiant de 4e année en médecine moléculaire et translationnelle
La cohorte francophone bénéficie également d’occasions de recherche particulièrement enrichissantes. Pour mon projet de recherche de quatrième année, j’ai eu la chance de travailler avec le Dr Jeffrey Perry en recherche clinique au département d’urgence, dans le cadre d’une étude multicentrique regroupant 14 hôpitaux à travers le Canada, où plusieurs médecins francophones rédigent leurs notes cliniques en français. Être parfaitement bilingue me permet de lire et d’interpréter ces données sans barrière linguistique, ce qui constitue un avantage distinct dans mon développement comme chercheur.
En somme, poursuivre le programme MMT en français me permet d’unifier mon identité, ma communauté et mes ambitions scientifiques dans un même parcours cohérent, tout en développant les compétences nécessaires pour devenir un chercheur bilingue capable de servir efficacement les populations francophones.
Offre de soins en français : la résilience des communautés francophones, par Alexandra Godin-Lurette
Des soins en français encore difficiles d’accès hors Québec
Dans un pays officiellement bilingue, l’accès à des soins de santé en français demeure loin d’être acquis pour de nombreux francophones vivant à l’extérieur du Québec. Malgré des avancées importantes au cours des dernières années, des obstacles persistent et influencent directement la qualité et la sécurité des soins.
« Pouvoir recevoir des soins dans sa langue favorise une meilleure compréhension, renforce la relation thérapeutique et contribue à de meilleurs résultats en matière de santé. »
Alexandra Godin-Lurette
— Coordonnatrice, activités CNFS - Affaires francophones
La recherche est pourtant claire : pouvoir recevoir des soins dans sa langue favorise une meilleure compréhension, renforce la relation thérapeutique et contribue à de meilleurs résultats en matière de santé.
Des initiatives qui transforment le paysage
Partout au pays, des réseaux de santé en français travaillent à renforcer l’offre active de services et à soutenir les professionnelles et professionnels de la santé. Le gouvernement fédéral a récemment annoncé de nouvelles subventions visant à améliorer l’accès aux soins pour les communautés francophones en situation minoritaire en Ontario (Le gouvernement du Canada améliore l’accès aux services de santé pour les communautés francophones en situation minoritaire en Ontario).
À l’échelle locale, une nouvelle clinique de soins primaires interdisciplinaires, mise sur pied en partenariat avec l’Université d’Ottawa, offrira des services à des patientes et patients des quartiers Côte-de-Sable et Vanier, deux secteurs où l’accès aux soins primaires demeure limité. Cette clinique adoptera une approche intégrée combinant soins, recherche et formation : un modèle prometteur pour répondre aux besoins locaux de façon durable (À l’Université d’Ottawa, une nouvelle vision des soins de santé primaires ancrée dans le travail d’équipe et les besoins locaux | Université d’Ottawa).
Les Affaires francophones de la Faculté de médecine s’inscrivent également dans cette dynamique. Tout au long du Mois de la Francophonie, diverses activités visent à promouvoir l’offre active en santé, dont une demi-journée de formation destinée aux étudiantes et étudiants de première année en médecine et des cliniques simulées interprofessionnelles.
Poursuivre l’engagement
Ces initiatives témoignent de la résilience et de la créativité des communautés francophones. Elles rappellent toutefois qu’il reste du chemin à parcourir pour assurer un accès véritablement équitable aux soins de santé en français au Canada.
En mars, la communauté est invitée à participer aux activités organisées à l’Université d’Ottawa afin de célébrer la francophonie et de soutenir ces efforts collectifs (Calendrier des événements | Université d’Ottawa | Faculté de médecine).
Faites rayonner la santé en français
Le Bureau des affaires francophones accompagne la formation de professionnelles et professionnels capables de soigner, d’enseigner et d’innover en français, au service des communautés d’un bout à l’autre du pays.
En appuyant le Fonds du Bureau des affaires francophones de la Faculté de médecine, vous contribuez directement à renforcer la formation, la recherche et l’accès équitable aux soins en français.
Votre don aide à faire en sorte que, pour les générations à venir, recevoir des soins dans sa langue demeure une réalité et non une exception.