(De gauche à droite) Marian Holness (vice-présidente de l’Union européenne des géosciences), Renelle Dubosq et Peter van der Beek (président de l’Union européenne des géosciences) se tiennent côte à côte sur une scène. Renelle Dubosq tient un trophée en cristal, et Peter van der Beek tient un certificat encadré qu’il remet à Renelle, qui a remporté le Prix Arne Richter pour les jeunes scientifiques d’exception.
Originaire du nord de l’Ontario, Renelle Dubosq suit un parcours marqué par la curiosité, le mentorat et l’innovation scientifique dans le domaine de la nanogéologie. Découvrez comment cette diplômée de l’Université d’Ottawa met en lumière les processus cachés qui façonnent notre planète à même le roc.

Lorsque Renelle Dubosq a quitté sa ville natale de Kapuskasing, en Ontario, pour entreprendre ses études de premier cycle à l’Université d’Ottawa, elle n’avait aucune idée que son parcours lui vaudrait un jour une reconnaissance internationale en tant que pionnière dans le domaine de la nanogéologie. Fière diplômée de l’Université d’Ottawa, Renelle a fait son baccalauréat spécialisé en géologie, suivi d’une maîtrise et d’un doctorat en sciences de la Terre. « Au début, je pensais travailler dans le secteur minier, comme bon nombre de personnes dans ma ville natale, se souvient-elle. Mais tout me ramenait à la recherche. J’y voyais là une avenue très gratifiante et stimulante sur le plan intellectuel. »

Et ce n’était pas que la curiosité qui l’incitait encore et encore à emprunter cette voie; le mentorat y était aussi pour quelque chose. Le professeur David Schneider, son directeur de recherche à l’Université d’Ottawa, a eu une grande influence sur elle en l’encourageant constamment à poursuivre des recherches qui nourrissaient sa curiosité. « Même quand ce n’était pas son domaine d’expertise, il veillait à me mettre en relation avec les bonnes personnes, » indique-t-elle. Grâce à une bourse de recherche postdoctorale du Conseil de recherches en sciences naturelles et génie, Renelle s’est rendue au prestigieux Max Planck Institute for Sustainable Materials, en Allemagne, où elle a effectué un stage en tant que seule géologue dans un centre de recherche sur la science des matériaux.

Renelle reconnaît également le soutien que lui ont offert ses autres mentores et mentors, dont la professeure Anna Rogowitz (Université d’Innsbruck), le professeur Bernhard Grasemann (Université de Vienne) et le professeur Baptiste Gault (Max Planck Institute for Sustainable Materials), qui ont façonné son parcours et cru en son potentiel. Ses contributions à la science sont tout simplement extraordinaires. Elle a reçu plusieurs prix prestigieux, notamment le Prix Innovation de Mitacs – Excellence en innovation autochtone en 2019, la Médaille d’or du Gouverneur général pour la meilleure thèse de doctorat en science et en génie à l’Université d’Ottawa en 2021, le prix Jack-Henderson de l’Association géologique du Canada pour la meilleure thèse de doctorat en 2022 et, plus récemment, le Prix Arne Richter pour les jeunes scientifiques d’exception de l’Union européenne des géosciences en 2025. « Celui-là m’a vraiment surprise, affirme-t-elle. En tant que Canadienne, je suis très honorée que mes pairs me reconnaissent comme une géologue structuraliste de renommée mondiale. »

Les recherches de Renelle sont à l’avant-garde de la science interdisciplinaire. Ses travaux explorent les processus physiques et chimiques des minéraux à l’échelle nanométrique, c’est-à-dire la façon dont les structures atomiques contrôlent les phénomènes géologiques importants, comme les séismes et la formation de gisements minéraux. « Tous les phénomènes tectoniques d’envergure sont dictés par des processus qui se produisent à très petite échelle, explique-t-elle. Nous pouvons trouver de petits défauts dans les minéraux qui inhibent la déformation ductile. Cela explique, par exemple, pourquoi les roches se cassent au lieu de se déplacer et de se plier dans la croûte inférieure, entraînant des séismes à foyer profond. »

Maintenant professeure adjointe au campus d’Okanagan de l’Université de la Colombie-Britannique, elle s’affaire à aménager son propre laboratoire de recherche dans le but de créer un centre national de nanogéologie. « Nous mettons sur pied un centre d’analyse à l’échelle nanométrique doté d’outils d’imagerie à la fine pointe de la technologie, et j’ai très hâte d’entreprendre de nouvelles collaborations avec des scientifiques des matériaux, en particulier pour adapter leurs techniques aux problèmes géologiques. »

Passionnée d’éducation, elle accorde une grande importance au mentorat et à l’enseignement. « Des étudiantes et étudiants à qui j’ai enseigné m’incitent à me dépasser et me poussent à continuer d’apprendre », confie-t-elle. Elle a notamment été grandement touchée par une lettre de remerciement écrite à la main par une personne qu’elle a aidée dans le cadre de ses recherches postdoctorales. « Je ne m’étais pas rendu compte que j’agissais comme une mentore. J’ai simplement vu que cette personne éprouvait des difficultés, et je l’ai aidée. J’y pense encore beaucoup aujourd’hui. »

Lorsqu’on lui demande quels conseils elle aime donner aux étudiantes et étudiants qui aimeraient suivre un parcours semblable au sien, Renelle est sans équivoque : « Trouvez une mentore ou un mentor. Établissez votre réseau de soutien. Sortez de votre zone de confort et continuez d’avancer malgré les revers. Ça ne sera pas toujours facile, mais le jeu en vaut la chandelle. »

Nul doute qu’avec son génie et son grand intérêt pour la recherche et le mentorat, la professeure Dubosq continuera d’innover et d’encourager d’autres personnes à faire de même.

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