Marie-Eve Sylvestre, rectrice et vice-chancelière, lors de sa cérémonie d’installation.
Marie-Eve Sylvestre, rectrice et vice-chancelière, lors de sa cérémonie d’installation.
Le premier décembre, la cité a convergé vers son université pour marquer un moment historique : l’installation de Marie-Eve Sylvestre, première femme à devenir rectrice de l’Université d’Ottawa.

La foule réunie offrait un aperçu impressionnant de la vaste communauté de l’Université d’Ottawa : membres de l’Université d’hier et d’aujourd’hui, personnel, étudiantes et étudiants, ainsi que des représentantes et représentants des milieux universitaire, politique, diplomatique, philanthropique, des instituts de recherche et des hôpitaux affiliés. L’atmosphère rappelait que l’Université d’Ottawa est à la fois un lieu d’attachement, de collaboration et de transformation collective.

Jennifer Adams, présidente du Bureau des gouverneurs et maître de cérémonie pour l’occasion, a dès le départ ouvert la voie à une rencontre empreinte de proximité, portée par la joie et la fierté d’appartenir à une communauté qui, ensemble, innove pour un avenir durable, ouvert et inclusif.

Dans sa salutation et bénédiction autochtones, la chancelière, Claudette Commanda, a rappelé la place centrale des femmes dans la tradition algonquine anishinàbég, leur puissance et leur leadership. Son appel à « élever nos sœurs » a fortement résonné en cette journée historique. 

Transformer les idées en action : la force de Marie-Eve Sylvestre

Le mandat de Marie-Eve Sylvestre s’ouvre dans un contexte exigeant : pressions sociales et économiques, iniquités persistantes, montée de l’intelligence artificielle, attentes croissantes à l’égard de la recherche, enjeux de santé mentale, liberté académique, transformations rapides de la société. Des défis évoqués avec lucidité par toutes les personnes qui ont pris la parole.

La lieutenante-gouverneure Édith Dumont, le juge en chef Richard Wagner, le maire Mark Sutcliffe, le premier ministre Doug Ford, le ministre Nolin Quinn et le professeur Colin Montpetit, président de l’APUO, ont chacun, à leur manière, souligné l’importance d’une université forte, bilingue et ancrée dans sa communauté, notamment dans un contexte de profondes transformations. Leurs messages convergeaient : l’Université d’Ottawa est appelée à jouer un rôle déterminant pour le développement de nos sociétés, et Marie-Eve Sylvestre possède la capacité de rassembler pour relever ces défis. Sa compréhension fine des enjeux, son parcours impressionnant, ses réalisations communautaires et sa manière de transformer les idées en action ont été unanimement salués.

Groupe de dirigeants lors de la cérémonie d'installation de Marie-Eve Sylvestre.
De gauche à droite : (à l’avant) Bianca Morin, Claudette Commanda, Marie-Eve Sylvestre, Édith Dumont, Jennifer Adams et Richard Wagner; (à l’arrière) Mark Sutcliffe, Jack Coen et Javier Porras Gil.

Les étudiantes et étudiants ont apporté un écho tout aussi éclairant. Jack Coen, président du Syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa pour le premier cycle (SÉUO), Javier Porras Gil, président de l’Association des étudiantes et étudiants diplômés (GSAÉD), et Bianca Morin, représentante étudiante autochtone, ont parlé de logement, d’inclusion, de bien-être, d’expérience autochtone et de leur quête d’un avenir porteur de sens. Leurs interventions, franches et empreintes d’espoir, ont rappelé ce qui est en jeu : la vie étudiante aujourd’hui et la société de demain.

Au terme de ces interventions, un fil commun se dessinait : l’attente d’un leadership capable de rallier, d’innover et d’agir. C’est précisément ce à quoi Marie-Eve Sylvestre a choisi de répondre dans son discours, en revenant sur ce qui unit la communauté de l’Université d’Ottawa et sur la manière dont elle entend guider l’Université dans les années à venir. 

Le superpouvoir de l’Université d’Ottawa

Le discours de Marie-Eve Sylvestre a pris la forme d’un retour aux sources autant qu’un regard vers l’avenir. Elle a évoqué, avec émotion, les valeurs transmises par ses parents – et particulièrement par son père – qui lui ont appris à voir l’Université comme un lieu de savoir, d’échange et de découverte, un espace de transformation et de mobilité sociale, un endroit où les rêves se réalisent et où l’avenir des nations se forge. « L’idéal social de mes parents continue de guider chacune de mes décisions », a-t-elle confié. 

Salle comble lors de la cérémonie d'installation de la nouvelle rectrice et vice-chancelière de l'Université d'Ottawa, Marie-Eve Sylvestre.
Vue de la cérémonie d'installation de la nouvelle rectrice et vice-chancelière.

Elle a ensuite parlé de ce qu’elle considère comme le superpouvoir de l’Université d’Ottawa : sa capacité à créer des ponts, à faire se rencontrer des expertises, des voix et des imaginaires qui, autrement, ne se croiseraient peut-être jamais. Chercheuses et chercheurs, étudiantes et étudiants, partenaires publics, équipes professionnelles… autant d’expertises et d’expériences qui, mises en commun, permettent d’agir sur les défis d’aujourd’hui.

« Ensemble, nous continuerons à transformer notre université, notre ville, notre pays et notre monde. Nous ne faisons que commencer. », a -t-elle affirmé en conclusion.

Au moment où elle lançait cet appel, la salle a éclaté en applaudissements, signe clair que la communauté sera à ses côtés dans les années à venir.  

Pour clore la cérémonie, le professeur Timothy Chooi, au violon, et Chris Ka Long Au, au piano, ont interprété les Danses populaires roumaines de Béla Bartók. Le professeur Chooi avait justement choisi cette œuvre pour créer un espace de connexion partagée.

Pour lire le discours de la rectrice, découvrir les moments forts et regarder l’enregistrement de l’installation.

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