La professeure Krista Power dirige aujourd’hui cette initiative en s’appuyant sur les travaux d’avant-garde réalisés par sa directrice fondatrice, la professeure Susan Tosh. « Grâce à ce don, nous avons noué des collaborations qui n’auraient pas vu le jour autrement, explique Krista Power. Les bourses et l’équipement nous ont permis de travailler avec des partenaires partout au Canada et à l’étranger. »
Des équipes de recherche de haut niveau se sont associées à cette initiative. Celle du professeur Riadh Hammami, par exemple, cherche à comprendre comment les bactéries intestinales communiquent avec le cerveau et identifie des composés qui pourraient servir à traiter la dépression. Le laboratoire de la professeure Marie-Claude Audet étudie quant à lui l’interaction entre le stress, les bactéries intestinales et la santé mentale et les raisons pour lesquelles les gens réagissent aussi différemment aux mêmes difficultés. Ensemble, ces scientifiques et d’autres de leurs collègues acquièrent une compréhension approfondie du lien entre l’intestin et le cerveau.
De l’alimentation à un traitement personnalisé
Les travaux de recherche de Krista Power couvrent aussi bien la science fondamentale que les soins aux patientes et patients. Les études menées par son laboratoire sur des souris montrent que l’ajout de haricots et de graines de lin à l’alimentation modifie de manière bénéfique les bactéries intestinales, réduisant ainsi l’inflammation dans tout le corps et le cerveau. Ces résultats donnent à penser que même de petits changements alimentaires pourraient diminuer les risques liés à la santé mentale.
Son équipe a étudié des adolescentes et adolescents atteints d’anorexie mentale traités au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) et a comparé leurs résultats à ceux de jeunes en santé. Les conclusions sont des plus intéressantes : il s’avère que les ados souffrant de troubles alimentaires ont des bactéries intestinales très différentes. En effet, les scientifiques ont mesuré des niveaux beaucoup plus faibles de composés bénéfiques produits par les bactéries intestinales, en particulier chez les jeunes aux prises avec la dépression ou de l’anxiété.
« Notre objectif est de déterminer s’il est possible d’intégrer au traitement des régimes alimentaires ou des probiotiques personnalisés », explique Krista Power. Son équipe cherche aussi à identifier des signatures microbiennes qui pourraient prédire qui, chez les sujets adolescents, risque davantage de subir des effets négatifs sur leur santé.
Comprendre le lien entre l’intestin et le cerveau
Le laboratoire Hammami étudie l’influence des bactéries intestinales sur la santé mentale, et ce, au niveau le plus fondamental.
Son équipe a constaté que certaines bactéries produisent des messagers chimiques du cerveau comme la sérotonine et l’acide gamma-aminobutyrique (GABA) qui, ensemble, contribuent à maintenir un bon équilibre de l’activité cérébrale. Elle a également découvert que les bactéries intestinales libèrent de minuscules vésicules qui peuvent voyager dans le sang jusqu’au cerveau, transportant avec elles des composés bénéfiques. Ces travaux de recherche ouvrent la voie à la formulation de probiotiques conçus précisément pour favoriser la santé mentale.
Le laboratoire Hammami se penche aussi sur un problème peu étudié : les effets néfastes des médicaments psychiatriques sur les bactéries intestinales bénéfiques. Beaucoup de gens prennent des antidépresseurs pendant des mois, voire des années. Ces médicaments peuvent perturber l’équilibre intestinal en agissant comme des antibiotiques. Selon ses travaux, les probiotiques pourraient protéger contre ces dommages, et potentiellement aider les patientes et patients à améliorer les résultats de leurs médicaments.
Son équipe conçoit et teste de nouvelles formulations de probiotiques à l’aide de modèles en laboratoire qui simulent le système digestif humain. Elle peut ainsi prédire l’effet de différentes combinaisons sur les bactéries intestinales avant de les tester chez des sujets humains – un travail essentiel pour mettre au point des traitements fondés sur des données probantes pour les troubles mentaux.
Les effets du stress
Le stress contribue grandement aux maladies mentales. Le laboratoire Audetétudie pourquoi les expériences stressantes affectent certaines personnes plus que d’autres, et pourquoi seul un certain nombre d’entre elles en subiront des effets néfastes sur leur santé mentale. Les recherches du groupe indiquent que les différences entre les bactéries intestinales pourraient influencer la manière dont celles-ci communiquent avec le cerveau. Par exemple, le stress affecte les hommes et les femmes différemment, ce qui laisse penser qu’il faudrait adapter les traitements (régime alimentaire, probiotiques, changements au mode de vie) en conséquence.
L’équipe de la professeure Audet s’intéresse également à la relation entre l’alimentation et la santé mentale pendant la grossesse et après l’accouchement. Elle cherche à savoir si un bon régime alimentaire durant la grossesse est associé à une diminution de la dépression et de l’anxiété après avoir donné naissance. Les premiers résultats sont prometteurs et pourraient déboucher sur des décisions nutritionnelles proactives qui limiteraient ou élimineraient la dépression post-partum, qui touche environ 10 à 15 % des nouvelles mères.
Des retombées concrètes
The Nutrition and Mental Health initiative has gained a lot of traction. Hammami alone has led or co-led over $3.5 million in grants and trained 49 highly qualified personnel. The initiative has supported multiple doctoral and master's students through scholarships named in honour of the late Dr. Parviz Sabour, a champion of the research program whose passion for supporting young researchers continues through these awards. The funding has established specialized research platforms and created a hub for microbiota-based research, with partnerships spanning CHEO, universities across Ontario and Quebec, and international institutions.
L’initiative sur la nutrition et la santé mentale suscite beaucoup d’intérêt. Le professeur Hammami a, à lui seul, reçu du financement supplémentaire s’élevant à plus de 3,5 millions de dollars et formé 49 personnes hautement qualifiées. Cette initiative a permis de soutenir plusieurs doctorants et étudiants en master grâce à des bourses nommées en l'honneur du regretté Dr Parviz Sabour, fervent défenseur du programme de recherche, dont la passion pour le soutien aux jeunes chercheurs se perpétue à travers ces bourses. Le don a permis de mettre en place des plateformes de recherche spécialisées et de créer un centre névralgique pour la recherche sur le microbiote en Ontario.
Il y a également des retombées humaines : des étudiantes et étudiants qui vont jusqu’au bout de leur potentiel, des patientes et patients qui ont plus d’options de traitement, des prestataires de soins de santé qui, grâce à la nutrition, acquièrent de nouveaux outils pour s’attaquer aux enjeux de santé mentale.
L’intégration de la science nutritionnelle à la recherche en santé mentale constitue un changement fondamental dans notre approche des soins en la matière. Le don initial a permis de faire d’importantes découvertes, mais pour transformer ces recherches en traitements qui changent des vies, d’autres investissements sont nécessaires. S’il l’on souhaite réaliser le plein potentiel de ces travaux, il faut développer des thérapies nutritionnelles, poursuivre les essais cliniques, former la relève en recherche et offrir aux patientes et patients des soins de santé mentale personnalisés. Pour ce faire, des donatrices et donateurs ainsi que des partenaires doivent se joindre à nous.
Faites un don à l’initiative sur la nutrition et la santé mentale pour soutenir ce travail transformateur.
Voilà l’un de nombreux exemples qui montrent comment le soutien des donatrices et donateurs à l’Université d’Ottawa peut tout changer en bousculant le statu quo et se traduire en retombées concrètes, innovantes et ambitieuses.