L'objectif dans le viseur : les arts martiaux au service de l’excellence en ophtalmologie

Par Trinetra Ramlochun

Stagiaire co-op en communications, Faculté de médecine

Moiz Lakhani aux prises avec un adversaire lors d’un match de lutte.
Pour Moiz Lakhani, étudiant de quatrième année à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, la poursuite de l’excellence ne se limite pas à une seule sphère.

Moiz est un athlète d’arts martiaux qui a compétitionné sur la scène internationale Il a remporté le prix Diana – remis à de jeunes personnes inspirantes – pour son action en faveur du développement du leadership par le sport chez les jeunes. Et il mène des recherches transformatrices sur les maladies oculaires complexes ici même, à Ottawa.

Il y a quelques mois, Moiz a participé à titre d’auteur principal à la rédaction d’un article qu’il a présenté à l’American Academy of Ophthalmology, la plus importante association de chirurgiennes et chirurgiens ophtalmologistes au monde. Cette étude internationale, qui a été publiée, lui a valu le prix du meilleur article dans la section sur la surspécialité de la rétine lors du congrès annuel de l’académie. 
 

Moiz Lakhani utilisant un microscope chirurgical.
Moiz regardant dans un microscope, alors qu’il effectue une simulation de chirurgie oculaire sur un mannequin de visage lors de l’American Academy of Ophthalmology.

Cette étape marquante l’a mené à recevoir le Prix de compétence clinique en ophtalmologie en décembre 2025.

Moiz est reconnu par ses pairs et les personnes qui encadrent ses travaux à l’Université d’Ottawa pour son éthique de travail exemplaire et sa discipline de fer.

« C’est un étudiant exceptionnel et un chercheur productif, dont l’approche clinique est particulièrement mature pour quelqu’un en début de parcours. Travailler avec Moiz me donne envie de devenir un meilleur clinicien et une meilleure personne. Nous avons beaucoup de chance de l’avoir au sein de notre faculté », explique son directeur de recherche, le Dr Bernard Hurley, professeur adjoint à l’Institut de l’œil de l’Université d’Ottawa et chirurgien vitréo-rétinien à L’Hôpital d’Ottawa.

Photo du Dr Bernard Hurley
« C’est un étudiant exceptionnel et un chercheur productif, dont l’approche clinique est particulièrement mature pour quelqu’un en début de parcours. Travailler avec Moiz me donne envie de devenir un meilleur clinicien et une meilleure personne. Nous... »

Dr Bernard Hurley

— directeur de recherche de Moiz

De l’entraînement à la spécialisation

En voie de devenir le premier médecin de sa famille, Moiz utilise à l’université les principes de la pleine conscience appris au fil de ses entraînements en arts martiaux. Sa passion pour ces sports a pris naissance lorsqu’il a commencé le karaté, à l’âge de 5 ans, et a évolué au fil des disciplines qu’il a pratiquées : la lutte; le judo; le kick-boxing; et enfin le jiu-jitsu. 

Moiz Lakhani posant, un katana à la main.

Il n’est pas simple de conjuguer responsabilités cliniques et sports de haut niveau, mais le futur ophtalmologiste estime que son emploi du temps chargé l’a poussé à développer sa capacité à penser et à communiquer clairement lors de situations cliniques complexes où le temps est un enjeu.

Quand il parle de sa façon d’appliquer les principes liés aux arts martiaux à l’extérieur du dojo, Moiz explique : « Pour continuer d’exceller, il faut savoir s’occuper de sa santé. J’ai développé une grande compréhension des aspects physique et mental du processus de rétablissement, ce qui m’aide lorsque je travaille avec des athlètes ou des patients qui se remettent d’une blessure. »

Moiz Lakhani posant.
« Pour continuer d’exceller, il faut savoir s’occuper de sa santé. J’ai développé une grande compréhension des aspects physique et mental du processus de rétablissement, ce qui m’aide lorsque je travaille avec des athlètes ou des patients qui se... »

Moiz Lakhani

— étudiant de quatrième année en médecine

Étudier les impacts de l’Ozempic et du Wegovy

Pour traiter les personnes atteintes de diabète de type 2, d’obésité et de maladies cardiovasculaires, on utilise de plus en plus les agonistes du récepteur du GLP-1 (glucagon-like peptide-1), comme Ozempic et Wegovy, et ce, dans le monde entier. De très récentes études ont montré que ces patientes et patients courent un risque plus élevé de développer des affections oculaires, comme la perte de vision – quoique les preuves de causalité demeurent rares. 

Pour creuser la question, des chercheuses et chercheurs du Canada et des États-Unis ont décidé de s’associer.

Ainsi, sous la direction du professeur Hurley, Moiz a collaboré avec des spécialistes de premier plan de l’Institut de l’œil de l’Université d’Ottawa, du Département d’ophtalmologie de l’Université de Toronto, de l’Université McMaster et du Doheny Eye Institute UCLA. 

Auteur principal de cette étude mondiale sur le lien avec la perte de vision – l’une des plus importantes à ce jour –, il a analysé plus de 47 millions de signalements d’événements indésirables oculaires dans 180 pays à partir de la base de données de l’Organisation mondiale de la Santé et du système de signalement d’événements indésirables de la Food and Drug Administration des États-Unis.

Cette étude internationale suggère que le sémaglutide – l’ingrédient actif dans quantité de médicaments GLP-1 – augmenterait le risque de cécité chez la patientèle diabétique et réduirait le débit sanguin vers le nerf optique. Bien que des études à plus long terme soient nécessaires, l’équipe de recherche recommande actuellement aux médecins de s’informer sur les antécédents oculaires de leurs patientes et patients afin de prendre avec eux une décision éclairée au sujet des médicaments GLP-1 qui conviendront le mieux à leurs besoins.

Allier passion et vocation

Moiz veut combiner son expérience de la recherche clinique aux savoirs qu’il acquiert dans le cadre de son externat à L’Hôpital d’Ottawa et dans son entraînement en arts martiaux.

Animé par un désir de changement, il compte puiser dans cet amalgame unique de passions qui l’animent pour aider les gens, au pays comme à l’international, et changer la donne.

Il conclut ainsi : « Je crois qu’il est possible d’allier différents univers, comme la médecine, le sport, la recherche et l’expérience vécue, pour servir diverses communautés avec excellence et empathie. »

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