Valentina Gaytan-Melendez, licence en psychologie avec mention, 4ème année
Pays de stage : Guatemala
ONG canadienne : CECI
ONG locale : Ministerio de Ambiente y Recursos Naturales
Alors que j'entame la seconde moitié de mon stage à Guatemala City, je me surprends à réfléchir à l'évolution de mon rôle et de ma compréhension au cours des deux derniers mois. Ce qui avait commencé comme une période d'observation s'est progressivement transformé en une participation active aux projets en cours, ce qui m'a permis de m'impliquer plus directement tant dans le travail que dans la communauté. Grâce à ce processus, ma compréhension du contexte social dans lequel je suis immergée – ainsi que de l'impact potentiel de mes contributions – s'est considérablement approfondie.
L'un des changements les plus notables dans ma perspective a été une prise de conscience accrue des complexités entourant l'instabilité financière et la violence sexiste. Ce ne sont pas des défis qui existent isolément, ni qui peuvent être facilement résolus par des solutions linéaires. Au contraire, ils sont façonnés par un ensemble interconnecté de facteurs sociaux, économiques et culturels qui exigent une adaptation continue. À ce stade de mon stage, je ne me contente pas d'observer ces dynamiques, mais j'apprends également à appliquer des stratégies de recherche fondées sur ma formation universitaire pour mieux les comprendre.
Au fil du temps, j’ai acquis une meilleure compréhension de la manière dont le travail communautaire à long terme se déroule dans la pratique. Les programmes sociaux ne sont pas statiques ; ils reposent sur un processus constant de collecte d’informations, d’évaluation des besoins et d’adaptation en conséquence. Cela implique une coordination étroite entre les équipes afin d’assurer la continuité de l’expérience des participants d’un programme à l’autre, ainsi qu’une flexibilité face à l’évolution des circonstances. Le rythme de travail reflète les réalités auxquelles la communauté est confrontée – où l’imprévisibilité est courante et où les structures rigides sont souvent peu pratiques. Par conséquent, la capacité d’adaptation devient essentielle, tant pour maintenir la continuité des programmes que pour favoriser le bien-être de toutes les personnes impliquées. Les programmes sont donc façonnés par une boucle de rétroaction continue, où les réalités communautaires et la prestation de services s’influencent mutuellement en permanence.
Une partie centrale de mon expérience a été ma participation à un projet d’entretiens qualitatifs, qui touche désormais à sa fin. Alors que la collecte de données s’achève, je me prépare à passer à l’analyse et à la rédaction de rapports. Ce processus a mis en évidence à la fois les opportunités et les défis liés à la conduite de recherches dans un contexte réel. La participation des participants, par exemple, est souvent affectée par des facteurs échappant à tout contrôle, ce qui peut limiter la taille et la cohérence des données collectées. Parallèlement, l’analyse de ces données s’est avérée un processus passionnant, nécessitant une réflexion approfondie sur la manière d’organiser et de présenter les résultats de façon à la fois précise et accessible. Sachant que ces informations pourraient être partagées au sein de l’organisation, j’ai été encouragée à privilégier la clarté et la pertinence dans mon travail.
Grâce à cette expérience, j’ai également mieux compris l’importance du suivi d’impact. Plutôt que de servir uniquement de processus technique, il fonctionne comme une forme de réflexion organisationnelle. Il offre l'occasion d'écouter les besoins de la communauté et d'adapter les programmes en conséquence, garantissant ainsi que les initiatives restent réactives plutôt que normatives. En ce sens, la recherche devient un outil non seulement de compréhension, mais aussi d'orientation vers une action significative.
Relier ce travail à ma formation universitaire a été à la fois valorisant et stimulant. Des concepts tels que les méthodes psychométriques et la conception de la recherche qualitative, qui sont souvent
présentés de manière structurée et contrôlée en classe, prennent de nouvelles dimensions dans la pratique. Des tâches qui semblent simples en théorie – comme l’identification des participants ou la planification des entretiens – deviennent nettement plus complexes lorsqu’elles sont façonnées par les circonstances de la vie réelle. Des facteurs tels que les changements de disponibilité, les barrières de communication et les conditions sociales plus larges influencent tous le processus de recherche. Ces expériences ont souligné l’importance du contexte dans la recherche sociale et mis en évidence la nécessité de faire preuve de flexibilité dans l’application des cadres méthodologiques.
Dans le même temps, cet environnement a soulevé d’importantes questions d’éthique dans la recherche. Obtenir le consentement éclairé va au-delà des procédures formelles ; cela implique d’établir la confiance, de favoriser la transparence et de veiller à ce que les participants se sentent à l’aise pour partager leurs expériences. En tant que chercheuse, j’ai appris que l’ouverture et le respect sont essentiels pour établir cette confiance. L’expérience sur le terrain a donc non seulement complexifié les modèles académiques, mais les a également enrichis, ajoutant de la profondeur et des nuances à des concepts qui, sans cela, seraient restés abstraits.
Sur le plan professionnel et personnel, cette étape de mon stage a été marquée par un renforcement de ma confiance et de mes capacités. La prise en charge d’un projet de recherche qualitative dans un contexte réel a d’abord suscité des moments d’incertitude, mais avec le temps, cela s’est transformé en une assurance quant à mes capacités. À l’approche des dernières étapes du projet, je ressens une fierté grandissante pour le travail auquel j’ai contribué et j’ai hâte de partager les résultats avec mon équipe.
La collaboration a également été un aspect central de cette expérience. Travailler en collaboration avec d’autres équipes m’a montré l’importance d’une compréhension commune et d’un objectif collectif pour atteindre des buts à long terme. Lorsque les individus partagent les mêmes objectifs, la collaboration devient plus fluide et les contributions s’inscrivent dans un esprit d’engagement mutuel. Cet environnement a renforcé la valeur du travail d’équipe pour relever des défis sociaux complexes.
De plus, ce stage a renforcé mes compétences en communication interculturelle et ma capacité à m'adapter à des environnements dynamiques. Trouver l'équilibre entre les cadres théoriques et les réalités du terrain a nécessité à la fois une réflexion critique et de l'humilité. Cela a mis en évidence l'importance d'écouter, de rester ouvert à l'apprentissage et de s'engager avec respect dans différents contextes culturels sans imposer de perspectives extérieures.
Alors que je me prépare pour la suite de mon stage, je m'apprête à présenter les résultats de mon projet de recherche à mon équipe. Ce sera l’occasion de réfléchir aux aspects du soutien social qui sont efficacement pris en compte et à ceux qui pourraient nécessiter une attention particulière. Au-delà de ce projet, je poursuis mon parcours académique et professionnel avec une vision renouvelée. Même si je choisis de me spécialiser dans un autre domaine, tel que la psychothérapie infantile, cette expérience m’a apporté des enseignements précieux sur les domaines où mes compétences et mes intérêts peuvent apporter une contribution significative.
Je suis profondément reconnaissante d’avoir eu l’occasion de travailler aux côtés d’une équipe qui s’est montrée accueillante, solidaire et inspirante dès le début. Leur dévouement a renforcé ma propre détermination à poursuivre un travail qui s’attaque aux inégalités sociales avec à la fois professionnalisme et compassion. Plus largement, ce stage a mis en évidence la valeur de l’apprentissage par l’expérience dans
les sciences sociales. Il a démontré qu’une compréhension significative ne découle pas seulement de la théorie, mais de l’interaction continue entre la connaissance et l’expérience vécue.
Cette expérience a élargi non seulement ma perspective académique, mais aussi mon approche de l'apprentissage lui-même – une approche fondée sur la curiosité, façonnée par le contexte et guidée par un engagement envers un développement continu.