Cet article sur les travaux de la Dre Arezu Jahani-Asl et de son équipe de recherche a été initialement publié sur la page Recherche en santé en action des IRSC.
Le glioblastome fait partie des formes de cancer du cerveau les plus agressives et compte pour 12 à 15 % des cas de tumeurs intracrâniennes chez les adultes. Malgré les percées majeures dans la recherche sur le cancer, le glioblastome continue de résister à la radiothérapie et à la chimiothérapie.
La difficulté de traitement du glioblastome repose en partie sur la pluralité des types de cellules qui le composent. De plus, chez la même personne, les cellules cancéreuses ne porteront pas toujours les mêmes mutations. Un tout petit nombre de cellules de glioblastome se comportent comme des cellules souches, des cellules saines qui ont la particularité de contribuer à la guérison et à la croissance. Étant donné leurs propriétés proches de celles des cellules souches, les cellules cancéreuses résistent au traitement et se reforment rapidement.
La Dre Arezu Jahani-Asl, professeure de médecine moléculaire à l’Université d’Ottawa, connaît de long en large le potentiel destructeur du glioblastome et l’effet de ce dernier sur les patients et les familles. « J’ai des amis et des proches parents qui se sont fait diagnostiquer un glioblastome. C’est d’une tristesse inouïe, d’autant plus qu’il n’existe pas de traitement », explique-t-elle. C’est pourquoi elle ne connaît aucun répit dans sa quête de connaissances sur la maladie et d’un traitement efficace.
Bénéficiant de fonds des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), dont une chaire de recherche du Canada, la Dre Jahani-Asl a découvert qu’une protéine, le récepteur de l’oncostatine M (OSMR), interagissait avec une autre protéine, le récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR). Les deux protéines forment un réseau qui permet à la tumeur de croître et rend les cellules cancéreuses du glioblastome résistantes aux traitements.
« J’ai des amis et des proches parents qui se sont fait diagnostiquer un glioblastome. C’est d’une tristesse inouïe, d’autant plus qu’il n’existe pas de traitement. »
La Dre Arezu Jahani-Asl
Le monde de la recherche savait déjà que c’était une mutation de l’EGFR qui rendait le glioblastome aussi agressif, mais le laboratoire de la Dre Jahani-Asl a été le premier à jeter la lumière sur le lien entre l’OSMR et le glioblastome : « Selon les études précliniques que nous avons réalisées, les patients qui ont un taux élevé d’OSMR survivent en général moins longtemps. »
L’équipe a de plus découvert qu’on pouvait inhiber la croissance du glioblastome en bloquant les OSMR. Voilà donc un filon à exploiter pour créer des traitements capables d’interférer avec le réseau de protéines. « Il pourrait être possible de parvenir à de tels traitements par l’édition de gènes, notamment. Nous sommes actuellement à la recherche de peptides et de médicaments qui sauront perturber les réseaux d’OSMR », mentionne la Dre Jahani-Asl.
Dans une autre étude financée par les IRSC (en anglais seulement), la Dre Jahani-Asl a trouvé un médicament déjà connu qui pourrait empêcher la croissance des cellules souches du glioblastome. En effet, son équipe a découvert que l’édaravone, un médicament contre la sclérose latérale amyotrophique approuvé aux États-Unis et au Canada, peut accentuer la sensibilité des cellules souches cancéreuses aux rayonnements et donc empêcher la tumeur de se reformer. « L’essai clinique serait bien plus rapide avec un médicament sans danger déjà approuvé », indique-t-elle.
Les premiers résultats donnent certes beaucoup d’espoir, mais il reste encore beaucoup de pain sur la planche pour l’équipe. La Dre Jahani-Asl collabore avec des chercheurs du Canada et des États-Unis pour que ces découvertes puissent servir à trouver des traitements ciblés et ainsi à améliorer les chances de survie des patients.