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La professeure Michèle Diotte a reçu une subvention de recherche de la Faculté des sciences sociales (FSS) afin de mener un nouveau projet portant sur le rôle de la trousse médico-légale d’agression sexuelle dans la production de preuves au Québec.

Intitulé « La trousse médico-légale d’agression sexuelle à travers le prisme des imaginaires socio-techniques : analyse de son rôle dans la production de preuves d’agression sexuelle au Québec », ce projet s’attaque à un enjeu crucial, mais encore largement sous-étudié : la collecte de preuves dans les cas de violence sexuelle et ses effets sur les personnes plaignantes.

Au cœur de la recherche se trouve la trousse médico-légale, une technologie mise à la disposition des personnes victimes d’agression sexuelle. Bien qu’elle soit souvent présentée comme un outil neutre de collecte de preuves matérielles, cette trousse joue un rôle central dans la manière dont les agressions sexuelles sont documentées, interprétées et évaluées par le système judiciaire. Les travaux de la professeure Diotte analyseront la façon dont l’utilisation de cette technologie influence les décisions judiciaires ainsi que ses effets sur le vécu et le parcours des victimes.

Cette recherche s’inscrit dans un contexte particulièrement pertinent au Québec. La mise en place récente d’un tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et de violence conjugale — l’une des principales recommandations du rapport Rebâtir la confiance (2021) — souligne l’importance de mieux comprendre les mécanismes de production et d’évaluation de la preuve dans ces dossiers, ainsi que leurs impacts sur les victimes. En mobilisant la perspective des imaginaires socio-techniques, ce projet vise à mettre en lumière les présupposés, les attentes et les rapports de pouvoir qui traversent les pratiques médico-légales.

Par cette recherche, la professeure Diotte souhaite contribuer aux efforts visant à améliorer la réponse du système de justice face aux violences sexuelles, en accordant une attention particulière à l’expérience des victimes et au rôle que jouent les technologies dans la construction des résultats judiciaires.

La Faculté des sciences sociales est fière de soutenir cette recherche essentielle, qui alimente une réflexion critique sur la justice, la technologie et les réponses sociales aux agressions sexuelles.