Le Dr Awad Ibrahim devant un mur couvert de graffiti et à côté d'un image avec le message « Black History Month/Mois de l'histoire des Noirs. »
Le Mois de l’histoire des Noirs est riche en moments propices aux célébrations, à l’apprentissage et aux marques de reconnaissance.

Pour Awad Ibrahim, professeur et vice-provost à l’équité, à la diversité et à l’excellence en matière d’inclusion, le Mois de l’histoire des Noirs ne se limite pas à un moment de l’année. « Ce n’est pas seulement en février, affirme-t-il. L’esprit du Mois de l’histoire des Noirs est présent chaque mois, chaque jour sur le campus. »

Le Mois de l’histoire des Noirs nous permet de placer cet esprit à l’avant-plan pour mieux prendre du recul, nous informer davantage et renouer avec un mouvement plus large, ancré dans l’équité, la diversité, l’inclusion, la responsabilité et l’engagement.

Ce mouvement, selon le professeur Ibrahim, est façonné à la fois par les moments de réflexion et par ce qui vient ensuite.

De la parole aux actes, une responsabilité commune

À l’Université d’Ottawa, le mouvement prend la forme d’engagements conçus pour perdurer bien après les moments de réflexion. Pour le professeur, il faut d’abord s’assurer que les efforts vont dans la même direction afin que l’équité, la diversité et l’inclusion finissent par faire partie intégrante du fonctionnement de l’Université.

Un des moments importants aura lieu en mai, quand l’Université d’Ottawa co-organisera pour la première fois le Forum interinstitutionnel de la Charte de Scarborough, avec l’Université Carleton. Cette charte, élaborée à la suite du meurtre de George Floyd, est le fruit d’une réflexion sur les moyens concrets que peuvent prendre les établissements d’enseignement canadiens pour contrer le racisme anti-Noir. L’Université d’Ottawa est signataire de la Charte de Scarborough depuis 2021.  
 

Awad Ibrahim
« Ce n’est pas seulement en février. L’esprit du Mois de l’histoire des Noirs est présent chaque mois, chaque jour sur le campus. »

Awad Ibrahim

— Profeseur titulaire et vice-provost, équité, diversité et excellence en matière d’inclusion

Pour Awad Ibrahim, cette co-organisation est une occasion de réfléchir collectivement aux façons dont on aborde, dans les faits, le problème du racisme anti-Noir. 

Le rassemblement de cette année revêt également une dimension francophone particulière. La rectrice, Marie-Eve Sylvestre, animera une table ronde en français qui rassemblera des têtes dirigeantes d’universités francophones afin de discuter plus largement de la Charte, de l’équité, de la diversité et de l’inclusion. Pour le professeur Ibrahim, cet événement met en lumière l’engagement de l’Université à l’égard de la francophonie dans les conversations nationales sur l’équité. 

Il mentionne également ce qu’il appelle les « conversations courageuses », soit des dialogues conçus pour créer des espaces de discussions difficiles, mais nécessaires, sur des enjeux comme l’antisémitisme, l’islamophobie, le racisme, le genre et la sexualité. Ces conversations, dit-il, ne sont pas des événements ponctuels. Ils s’inscrivent dans une volonté délibérée d’intégrer l’engagement et l’écoute au quotidien universitaire.

En plus de ces rassemblements, il souligne des efforts aux retombées tout aussi importantes, dont la refonte du questionnaire d’auto-identification Comptez-moi, une étape essentielle, croit-il, pour comprendre la composition de la communauté universitaire et ainsi adapter le soutien dont elle a besoin. Il mentionne également l’élaboration d’un plan stratégique sur l’EDI à l’échelle de l’Université, qui vise à assurer une cohérence entre les initiatives en cours au sein des facultés et des services.

La visibilité est aussi importante, selon lui. Un site Web consacré à l’EDI est en cours de développement pour faciliter la recherche d’initiatives, de politiques et de ressources, ce qui contribuera à faire connaître notre responsabilité commune en matière d’EDI et à y sensibiliser davantage de personnes.

Ancré dans notre communauté

Pour Awad Ibrahim, les engagements institutionnels importent surtout lorsqu’ils mènent à la création de liens sur le campus et dans la communauté dont fait partie l’Université.

Et ce travail commence par l’écoute. Ce printemps, l’Université d’Ottawa accueillera une consultation des Nations Unies au sujet de la Déclaration sur les droits des personnes d’ascendance africaine, qui réunira des membres de la communauté noire de la région pour discuter de leurs points de vue et de leurs expériences. La consultation se veut le reflet d’une approche fondée sur l’engagement.

Dans son rôle, le professeur Ibrahim est actif dans les espaces communautaires de la région d’Ottawa-Gatineau, notamment le forum City of Kindness organisé par la Ville d’Ottawa en février et axé sur l’inclusion et la responsabilité sociale. En outre, l’Université continue de servir de lieu de rassemblement pour divers groupes, notamment la conférence annuelle de la communauté philippine Pinoys on Parliament, en février.

Dans ce contexte, le professeur Ibrahim voit son rôle comme celui d’un connecteur – un participant parmi d’autres – qui aide à faire le lien entre les engagements de l’Université d’Ottawa et les communautés dont elle fait partie.
 

L’EDI, une responsabilité partagée et amplifiée

Pour Awad Ibrahim, l’équité, la diversité et l’inclusion fonctionnent comme une lunette – une lunette qui détermine la façon dont les gens enseignent, font de la recherche, dirigent et entrent en relation les uns avec les autres à l’Université. « Le fait d’avoir un vice-provost consacré à l’EDI a pour but d’amplifier les responsabilités, et non de les concentrer en un seul endroit », explique-t-il. 

Cette responsabilité, selon lui, commence par la prise de conscience : porter attention à ce qui est inclus et à ce qui est laissé de côté – et pourquoi. « Si on part de l’idée que l’EDI nous appartient, la question qui se pose alors est la suivante : qu’est-ce que je peux faire? »

Awad Ibrahim
« Si on part de l’idée que l’EDI nous appartient, la question qui se pose alors est la suivante : qu’est-ce que je peux faire ? »

Awad Ibrahim

— Profeseur titulaire et vice-provost, équité, diversité et excellence en matière d’inclusion

Le Mois de l’histoire des Noirs offre une occasion de s’arrêter, de réfléchir et d’apprendre. Il met également l’accent sur un mouvement, l’esprit de l’EDI, façonné par des engagements communs, des relations vécues et une participation soutenue.

À l’Université d’Ottawa, ce mouvement évolue de manière collective, tant sur le campus que dans la communauté dont elle fait partie. « Ce n’est que le début; le meilleur de ce qu’on peut faire ensemble est à venir », affirme le professeur Ibrahim.

Découvrez les événements du Mois de l’histoire des Noirs sur le campus