Bref, le visage de la francophonie s’est transformé. Comprenons-nous vraiment comment elle se vit aujourd’hui, sur le campus comme au sein de notre communauté? Quelles langues parle-t-on à la maison? Comment le français est-il utilisé en classe, au travail, dans la vie de tous les jours? Quelle est l’incidence des technologies sur la réalité des francophones? L’Université répond-elle aux besoins de notre communauté? Nos données concernant toutes ces questions demeurent partielles. Alors, nous sommes déterminés à poser les balises pour obtenir un portrait plus complexe et plus complet.
Près de dix ans après sa dernière consultation, l’Université en lance une toute nouvelle cette année pour dresser un état des lieux rigoureux et orienter sa vision stratégique en matière de francophonie. Cette démarche prend la forme d’un véritable projet de recherche. Cet exercice ambitieux est à la mesure du rôle que l’Université entend jouer. On commencera par consulter la communauté étudiante, et ce, dès le mois de mars.
Une vision rassembleuse
La consultation s’inscrit dans la vision portée par la rectrice, Marie-Eve Sylvestre : celle d’une francophonie rassembleuse, pleinement assumée comme levier pédagogique et scientifique. Plus grande université bilingue au monde, l’Université d’Ottawa occupe une position singulière dans le paysage postsecondaire canadien, une position qui appelle à l’action. Elle joue un rôle déterminant dans l’enseignement et la recherche en français en contexte minoritaire et contribue, avec d’autres établissements, à soutenir l’accès et le développement des formations en français à l’échelle pancanadienne.
Cette responsabilité implique pour notre établissement d’être présent, accessible et engagé auprès des communautés francophones de divers horizons, d’ici et d’ailleurs. Il lui faut incarner cette vision d’université ancrée dans la cité, attentive aux réalités sociales, culturelles et linguistiques qui l’entourent.
Stéphanie Gaudet, professeure à l’École d'études sociologiques et anthropologiques et directrice du Centre interdisciplinaire de recherche sur la citoyenneté et les minorités (CIRCEM), est responsable de ce grand projet. Louis Simard, professeur à l’École d’études politiques, agit en tant qu’expert en consultation publique.
Trois chantiers structurants pour la francophonie
La consultation sera exigeante et s’articulera autour de trois grands chantiers qui structurent la francophonie à l’Université d’Ottawa. Elle s’adresse aux francophones, aux anglophones, aux francophiles, aux francocurieuses et francocurieux, et même aux personnes qui sont indifférentes à la question. Comprendre cette indifférence fait aussi partie de la démarche.
- La vie en français sur le campus : Le premier chantier porte sur la vie en français sur le campus : l’accès aux services, l’expérience d’apprentissage, les activités étudiantes, le travail en français ainsi que la place du français dans les cadres officiels et informels. La démarche vise à mieux comprendre dans quelle mesure la langue s’inscrit dans le quotidien et comment elle façonne l’expérience universitaire.
- La science en français : Le deuxième chantier concerne la science en français. Quelle est la place de la recherche et de la publication en langue française? Comment soutenir la diffusion des savoirs auprès des communautés francophones et des décisionnaires? Si la langue constitue un objet de recherche dans certains domaines, elle est, dans tous les cas, un vecteur d’influence. En effet, les travaux scientifiques façonnent les politiques publiques et contribuent aux débats sociaux, ici comme ailleurs dans l’espace francophone.
- Partenariats et rayonnement : amplifier l’impact : Enfin, le troisième chantier explore les partenariats et le rayonnement. Comment l’Université peut-elle renforcer sa collaboration avec d’autres établissements et acteurs afin de soutenir, aux échelles locale, nationale et internationale, une francophonie forte, accessible et engagée?
La réflexion portera sur les partenariats existants et sur ceux à établir pour amplifier l’accès aux services et aux formations en français, accroître l’influence des savoirs dans les débats publics et soutenir le développement durable des communautés francophones d’ici et d’ailleurs. Ultimement, elle nous aidera à renforcer nos partenariats actuels et à en bâtir de nouveaux pour répondre aux besoins émergents.
La consultation débute avec la communauté étudiante
La consultation débute dès mars avec la communauté étudiante. Du 1er mars au 2 avril, l’équipe ira à la rencontre des étudiantes et étudiants dans les facultés, dans les espaces communs et lors d’activités étudiantes. Des groupes de discussion seront organisés, des espaces d’expression installés sur le campus et une plateforme en ligne permettra de participer à distance.
Cette première phase vise à combler un angle mort important. Nous disposons en effet de peu d’informations sur les trajectoires linguistiques, les usages réels du français, le rapport des étudiantes et étudiants à la francophonie, et les tendances qui se dessinent pour les années à venir. La démarche place les personnes avant les indicateurs et l’expérience vécue au cœur de la réflexion.
Les résultats de cette première phase viendront orienter les prochaines étapes du chantier et nourrir les recommandations stratégiques à venir.
La conversation commence maintenant.