Trois personnes étudiantes assises à une paillasse de laboratoire, examinant des modèles en plastique d’anatomie humaine.
Des rêves de carrière ont vu le jour lors du premier programme de professions en santé destiné aux élèves du secondaire provenant de la communauté noire, qui a eu lieu le mois dernier à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa.

Des applaudissements retentissaient chaque fois qu’une ou un élève se levait pour recevoir son certificat de participation.

Ces jeunes du secondaire avaient suivi un camp médical intensif de trois jours qui visait à réduire ce que l’équipe d’organisation appelle l’« écart des possibilités » en présentant aux jeunes de la communauté noire d’Ottawa les débouchés qui pourraient les attendre en santé.

« Nous voulons montrer aux élèves qu’ils ont leur place en médecine et peuvent jouer un rôle vital pour appuyer nos infrastructures de soins de santé », explique Tiffany Ange Tchigio Djomou, étudiante en médecine et coorganisatrice du programme collaboratif, qui a eu lieu pendant la semaine de relâche.

Tiffany Ange Tchigio Djomou
« Nous voulons montrer aux élèves qu’ils ont leur place en médecine et peuvent jouer un rôle vital pour appuyer nos infrastructures de soins de santé. »

Tiffany Ange Tchigio Djomou, MD 2028

— Coorganisatrice du programme

La représentation en pratique

« C’était inspirant d’avoir un aperçu du parcours de leaders en médecine et en santé. Ça m’a fait envisager une carrière en santé. » Voilà le type de commentaire qu’a permis de recueillir le questionnaire de rétroaction rempli par les élèves après l’événement.

Et c’est exactement ce qu’espérait l’équipe organisatrice!

En septembre dernier, un coach scolaire pour les élèves de la communauté noire de la Commission scolaire catholique d’Ottawa (OCSB) a proposé à l’Association des étudiants noirs en médecine (AENM) de l’Université d’Ottawa de collaborer pour organiser le programme de professions en santé destiné aux élèves du secondaire provenant de la communauté noire.

La direction de l’AENM a tout de suite vu une occasion stratégique de jeter des ponts entre les jeunes de la communauté noire de l’OCSB et le milieu médical. Lillian Abebe et Meron Samuel Demissie, coprésidentes de l’AENM et étudiantes en médecine, ainsi que Mme Tchigio, vice-présidente de l’AENM, se sont donc rapidement mises au travail.

Au-delà de l’information fournie aux élèves, il s’agissait selon elles d’une belle occasion de leur expliquer le concept de représentation en médecine, puisque toutes les personnes bénévoles du programme étaient noires.

Un groupe d’expertes et d’experts assis devant un amphithéâtre rempli de personnes étudiantes.
Le programme met en valeur la représentation en médecine en action, puisque toutes les personnes bénévoles du programme étaient noires.

Inspiré d’un événement semblable à Toronto, le programme était le premier du genre à Ottawa. L’AENM s’était déjà adressée aux élèves des écoles élémentaires, mais c’était la première fois qu’elle organisait à l’école de médecine un tel événement destiné aux élèves du secondaire.

Il faut le voir pour le croire

Le programme visait à piquer la curiosité des élèves pour leur donner envie de devenir les spécialistes de demain, en leur expliquant bien les débouchés possibles. Un large éventail de carrières leur a ainsi été présenté – de la médecine spécialisée aux divers domaines professionnels axés sur le traitement des patientes et patients et la promotion de la santé communautaire.

Du 16 au 18 mars, 50 élèves du secondaire de la 9e à la 12année ont pris part à diverses activités – ateliers, études de cas, visite de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa et tables rondes avec des professionnelles et professionnels de la santé qui ont raconté leur parcours et répondu aux questions de l’auditoire. Pendant les pauses, les jeunes ont pu discuter avec des étudiantes et étudiants en médecine.

« Les élèves qui redoutaient de faire des sutures ont rapidement vaincu leurs hésitations, raconte Mme Demissie, en se concentrant sur la technique, en posant des questions, et en s’entraidant.

Une personne professionnelle de la santé aidant une personne étudiante à pratiquer des techniques de suture.
La confiance s’est accrue au fur et à mesure que les personnes étudiantes travaillaient leurs techniques. Ici, une personne étudiante s’essaie à la suture.

« C’était frappant de voir le changement s’opérer. D’abord réticents, les participants et participantes ont fini par prendre goût au processus et ont tiré une grande fierté de leurs réalisations, ajoute-t-elle. Cela rend bien compte de la raison d’être de l’événement : créer un espace bienveillant où les élèves peuvent essayer de nouvelles choses, bâtir leur confiance et commencer à se projeter dans des carrières jamais envisagées auparavant. »

Meron Samuel Demissie
« C’était frappant de voir le changement s’opérer. Les élèves ont pu […] commencer à se projeter dans des carrières jamais envisagées auparavant. »

Meron Samuel Demissie, MD 2028

— Coorganisatrice du programme

Mme Tchigio estime que, si l’événement s’est avéré aussi percutant, c’est qu’il a permis d’expliquer aux élèves qu’on peut tout accomplir en y mettant du cœur.

« Des jeunes ont commencé à élaborer des plans d’avenir devant moi, s’émerveille-t-elle. L’un d’eux commencera un baccalauréat en sciences l’an prochain, alors qu’il n’avait jamais pensé faire carrière en médecine. L’événement lui a fait prendre conscience que c’était possible, que c’était un objectif atteignable. »

Mme Abebe a été ravie de la participation des élèves; son groupe a pris part à une étude de cas, souhaitant même continuer au-delà du temps imparti. Elle a observé un bel esprit de collaboration, les jeunes proposaient des commentaires éclairants, développaient des idées et posaient des questions réfléchies.

Une personne professionnelle de la santé anime une discussion avec un groupe de personnes étudiantes autour d’une table de conférence.
Les personnes étudiantes ont discuté de cas médicaux, en collaborant à l’élaboration de leurs approches de traitement.

« La participation enthousiaste des élèves a largement favorisé l’apprentissage, raconte-t-elle. De mon point de vie d’organisatrice, c’était très encourageant! » 

Mme Abebe a été impressionnée par le sens de l’initiative des élèves qui ont notamment demandé l’adresse courriel des bénévoles pour leur poser des questions sur la planification de leurs études et de leur carrière. « Une personne m’a envoyé un gentil message de remerciement, ajoute-t-elle en souriant. C’était très gratifiant. »

Lillian Abebe
« La participation enthousiaste des élèves a largement favorisé l’apprentissage. [Observer leur sens de l’initiative] était très gratifiant. »

Lillian Abebe, MD 2028

— Coorganisatrice du programme

Poursuivre sur cette lancée

Le Dr Rishi Kapur, doyen adjoint du Bureau d’équité, de diversité et d’inclusion de la Faculté de médecine et psychiatre pour enfants et adolescents au CHEO, a joué un rôle clé en mettant le groupe en contact avec l’OCSB et en servant de principale personne-ressource issue du corps professoral pour le programme.

« La Faculté intègre la responsabilité sociale au programme de médecine, explique-t-il. Nous préparons les médecins de demain à répondre aux besoins de santé déterminés par la collectivité en incitant les étudiantes et étudiants à participer directement aux initiatives et activités qui font la promotion de l’équité et de la diversité, et améliorent l’accès aux soins. »

Un groupe de personnes étudiantes observe avec fascination des personnes professionnelles de la santé qui leur enseignent les principes de l’échographie.
Meron Samuel Demissie (à gauche) et Lillian Abebe font la démonstration de techniques d’échographie au point de service (POCUS), avant de remettre la sonde aux personnes participantes pour qu’elles puissent essayer.

Le programme ayant été bien accueilli, l’AENM souhaite l’offrir chaque année, et même l’élargir. « Nous avons besoin de plus de bénévoles pour animer les diverses séances, ce qui nous permettrait d’accueillir plus d’élèves, précise Mme Tchigio. Il peut s’agir de toute personne étudiante ou professionnelle noire œuvrant en santé; tout soutien nous serait d’une aide immense pour accroître la portée de l’événement. »

L’AENM de l’Université d’Ottawa souhaite remercier les Affaires francophones de la Faculté, qui a prêté des trousses de sutures, la Division d’anatomie clinique et fonctionnelle, qui a autorisé l’utilisation du laboratoire d’histologie et de ses lames et modèles d’anatomie, et la Bibliothèque des sciences de la santé, qui a fourni des brassards de tensiomètre. « Sans leur aide précieuse, l’événement n’aurait pas pu avoir lieu », explique Mme Tchigio.

L’équipe d’organisation a su que l’événement avait généré des retombées durables en lisant une réponse en particulier, à la fois simple et percutante, à la question « qu’est-ce que vous avez le plus aimé de l’événement » :

« Voir d’autres personnes noires en médecine. »

Un groupe de personnes étudiantes du secondaire se tient ensemble, tenant des certificats de participation.
Des applaudissements retentissaient chaque fois qu’une ou un élève se levait pour recevoir son certificat de participation.

Les inscriptions de bénévoles seront sollicitées à l’approche de l’événement l’an prochain. Les personnes souhaitant s’impliquer peuvent également communiquer avec l’AENM par courriel à ottawa.bmsa@gmail.com ou sur Instagram, @uobmsa.

Crédits photos : La Commission scolaire catholique d’Ottawa (OCSB)

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