Les profils suivants ont été préparés par l’équipe des Affaires francophones de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa et ont été publiés dans son infolettre de février.
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Mon parcours, par Shaïda Savanet, coreprésentante de la cohorte de pharmacie 2029
« Je suis fière de contribuer à un milieu universitaire où la diversité des parcours est reconnue comme une richesse. »
Shaïda Savanet
— Pharm.D. 2029
Mon parcours n’a pas été linéaire, mais il a toujours été guidé par le désir de prendre soin des autres et de trouver ma place dans le système de santé. Chaque étape de mon cheminement, même celles qui semblaient éloignées de mon objectif initial, m’a permis de préciser le type de professionnelle de la santé que je souhaitais devenir.
J’ai d’abord complété un baccalauréat en ergothérapie à l’Université Laval, une formation qui m’a appris à voir la santé au-delà du diagnostic, en mettant l’accent sur les capacités fonctionnelles et la participation des patientes et patients à des activités significatives. En parallèle, mon travail comme assistante technique en pharmacie m’a permis de découvrir, au contact des patientes et patients et des pharmaciennes et pharmaciens, un rôle clinique stimulant qui a confirmé mon désir de m’orienter vers la pharmacie.
En tant que femme noire évoluant dans le domaine de la santé, la question de la représentation a aussi marqué mon parcours. Le manque de modèles qui me ressemblent a parfois suscité des doutes, mais il a surtout nourri ma persévérance. Aujourd’hui, à titre de coreprésentante de la cohorte de pharmacie 2029, je suis fière de contribuer à un milieu universitaire où la diversité des parcours est reconnue comme une richesse.
En ce Mois de l’histoire des Noirs, mon parcours rappelle l’importance de la diversité et de la représentation des personnes noires dans les milieux de la santé, tant pour inspirer les générations futures que pour favoriser des soins plus inclusifs et ancrés dans la réalité des patientes et des patients.
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Entre science, engagement et résilience, par Ezechiel Yameogo, étudiant de 4e année en médecine moléculaire et translationnelle
« Le Mois de l’histoire des Noirs est une occasion précieuse de célébrer la richesse de la diversité que nous avons la chance de vivre à l’Université d’Ottawa. »
Ezechiel Yameogo
— 4e année, programme MMT
Mon parcours vers la médecine moléculaire et translationnelle a pris forme dès ma première année en biologie, alors qu’est née une passion profonde pour la recherche biomédicale. Désireux de mieux comprendre les mécanismes biologiques à l’origine des maladies et de m’investir davantage en recherche, j’ai entrepris une réflexion sur le programme qui me permettrait de concrétiser cette ambition. Après deux années en biologie, j’ai eu l’opportunité d’intégrer le programme de médecine moléculaire et translationnelle.
Étudier dans ce programme est une expérience enrichissante qui me permet de développer mon esprit scientifique et d’acquérir des bases solides pour, je l’espère, contribuer un jour à la résolution de grandes questions biomédicales contemporaines.
Mon parcours universitaire n’a toutefois pas été linéaire. Dès ma première année, j’ai traversé des difficultés personnelles importantes ayant eu un impact sur mon cheminement universitaire. À celles-ci se sont ajoutées des difficultés systémiques auxquelles font face de nombreux étudiants issus de la communauté noire. Loin d’être des freins définitifs, ces épreuves ont plutôt agi comme des tremplins, nourrissant une résilience profonde et une réflexion critique sur les inégalités qui persistent dans nos systèmes.
Cette prise de conscience m’a conduit, en parallèle de mes études, à m’engager activement en faveur de la justice sociale et médicale. C’est dans ce contexte qu’est né mon livre Le Prix d’une vie, qui propose une analyse des injustices médicales vécues par la communauté noire, tout en soutenant les actions de Médecins Sans Frontières, à qui sont reversés les bénéfices de l’ouvrage. Réussir à concilier ma passion pour la recherche biomédicale et mon engagement pour la justice sociale représente pour moi une étape marquante et profondément symbolique.
Pour moi, le Mois de l’histoire des Noirs est une occasion précieuse de célébrer la richesse de la diversité que nous avons la chance de vivre à l’Université d’Ottawa, tout en reconnaissant l’apport essentiel de la communauté noire à la société canadienne et à notre milieu universitaire.
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Trouver sa place, en français, en médecine, par Tiffany Ange Tchigio Djomou, MD 2028 (volet francophone)
« J’espère que toute personne issue d’un groupe sous-représenté qui lira ce texte saura qu’elle n’est pas seule… il est possible de trouver pleinement sa place. »
Tiffany Ange Tchigio Djomou
— MD 2028
Depuis mon plus jeune âge, je savais que je voulais devenir médecin afin de concilier mon amour pour la biologie et mon désir d’aider les autres. J’ai effectué la majeure partie de ma scolarité dans des écoles francophones à Kitchener, en Ontario. Bien que la région soit majoritairement anglophone, la promotion de la langue française m’a toujours tenu à cœur. Au secondaire, j’ai notamment été coprésidente du gouvernement étudiant et animatrice du journal télévisé scolaire, le PRDG Show.
J’ai ensuite effectué trois années d’études en sciences biomédicales à l’Université de Waterloo. Durant mon parcours de premier cycle, je me suis impliquée en recherche et j’ai cofondé Real Research, une initiative visant à présenter des techniques de laboratoire aux étudiantes et étudiants, et à les aider à avoir davantage confiance en leurs compétences de recherche. J’ai également été vice-présidente du club Black Medical Leaders of Tomorrow, où j’ai contribué à encadrer des étudiantes et étudiants et à offrir des ressources à des groupes racialisés sous-représentés, tout en faisant du bénévolat auprès d’Épelle-Moi Canada, un organisme engagé dans la promotion de la francophonie.
Aujourd’hui étudiante en médecine à l’Université d’Ottawa, je maintiens cet engagement avec la même conviction. En première année, j’ai été sélectionnée pour le programme de bourse annuelle d’initiation à la recherche en français, une expérience marquante qui m’a permis de travailler sur un projet entièrement en français. À titre de vice-présidente de l’Association des étudiantes et étudiants noirs en médecine (BMSA), j’organise des activités sociales et pédagogiques visant à soutenir les étudiantes et étudiants noirs. Lors du Mois de l’histoire des Noirs l’an dernier, nous avons notamment organisé une collecte de sang étudiante et sensibilisé la communauté à l’importance de la diversité des donneuses et donneurs — une initiative que nous poursuivrons cette année. Je suis également mentore au sein d’Altitude Mentoring, un rôle qui me tient particulièrement à cœur puisque j’ai moi-même bénéficié du mentorat.
Pour moi, le Mois de l’histoire des Noirs est à la fois un moment de réflexion, de célébration et de visibilité. Il souligne la richesse de la diversité canadienne, tout en reconnaissant les contributions passées et présentes des communautés noires et en inspirant les générations futures.
J’espère que toute personne issue d’un groupe sous-représenté qui lira ce texte saura qu’elle n’est pas seule. Même si le chemin vers la médecine peut sembler intimidant, il est possible d’y accéder — et surtout, d’y trouver pleinement sa place.
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Agir contre les inégalités raciales en santé : un appel urgent, par le Dr Salomon Fotsing
« L’amélioration de la santé des communautés noires nécessite une volonté politique affirmée et des actions concertées. »
Dr Salomon Fotsing
— Professeur, Département de médecine
Le Canada, reconnu comme une terre d’immigration, accueille de nombreuses personnes noires qui arrivent généralement en bonne santé. Toutefois, les recherches démontrent que cet état de santé tend à se dégrader avec le temps. Cette détérioration s’explique en grande partie par la persistance d’inégalités raciales au sein du système de santé canadien, lesquelles influencent l’accès aux soins, leur qualité et les résultats de santé.
Dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, il est crucial de rappeler que ces disparités demeurent une réalité préoccupante. Récemment, plus d’une centaine de chercheuses et chercheurs ont interpellé le premier ministre Mark Carney dans une lettre ouverte accompagnée de la Déclaration d’Ottawa sur la santé des personnes noires au Canada. Portée par le Centre interdisciplinaire pour la santé des Noirs de l’Université d’Ottawa, cette initiative met en lumière un constat troublant : selon son directeur, Jude Mary Cénat, le fait d’être Noir constitue encore aujourd’hui un facteur de risque pour la santé au Canada. La race peut exposer à des soins de moindre qualité, révélant des biais systémiques qui nuisent à l’équité et à la justice sociale.
La Déclaration d’Ottawa s’appuie sur dix constats clairs pour illustrer les fardeaux disproportionnés — physiques, mentaux, sociaux et économiques — auxquels font face les communautés noires, et qui sont source de maladies et de souffrances évitables. En parallèle, elle propose vingt-deux engagements destinés aux gouvernements fédéral et provinciaux, offrant des pistes d’action concrètes pour améliorer durablement la santé des personnes noires au Canada.
Ces démarches rappellent que l’amélioration de la santé des communautés noires nécessite une volonté politique affirmée et des actions concertées. En ce mois de commémoration, engageons-nous collectivement à transformer ces constats en actions concrètes et à soutenir la mise en œuvre de ces recommandations.
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