Shayna Horvath (J.D. 2025), ancienne présidente de l’Association des étudiantes et étudiants juifs en droit, Ferdous Hasan (J.D. 2025) et Hanaa Ameer-Uddin (J.D. 2025), qui ont coprésidé l’Association des étudiantes et étudiants musulmans en droit, ainsi qu’Arjun Gupta, étudiant actuel, se verront remettre en mai le tout nouveau prix Abdalla Barqawi Bridge Builder de l’Association du Barreau de l’Ontario (OBA).
Le prix porte le nom d’un membre très estimé du conseil d’administration de l’OBA et président du Comité égalité, décédé en juin 2025.
La déclaration récompensée est une initiative d’Arjun Gupta, étudiant en droit hindou qui a grandi entre l’Inde et le Canada. C’est lui qui a réuni les responsables des associations représentant les étudiantes et étudiants musulmans et juifs de la Faculté de droit.
La déclaration conjointe des deux associations communiquait leur détermination commune à bâtir une communauté inclusive où chaque voix est prise en compte, chaque personne respectée et chaque âme accueillie à bras ouverts.
Elle soulignait que les deux communautés étaient endeuillées et les priait de se concentrer sur ce qui les unit.
« Nous exhortons l’ensemble du corps professoral, des conférencières et conférenciers et de la communauté étudiante à tenir compte du contexte actuel au moment d’exercer leur droit à la liberté d’expression et de professer leurs opinions : nous traversons une période particulièrement difficile et les émotions sont à fleur de peau. Des membres de notre communauté de la Faculté de droit ont perdu des proches dans ce conflit. Nous vous demandons donc de faire preuve de la sensibilité et du tact qui s’imposent. En tant que leaders de nos communautés respectives, nous appelons toute la communauté juridique d’Ottawa à se concentrer sur la façon dont notre douleur commune nous unit, plutôt que de laisser la haine nous diviser. Nous vous demandons de vous écouter les uns les autres avec empathie, dans la dignité et le respect. »
Résonnant partout dans le monde, la déclaration a aussi donné lieu à une lettre ouverte signée par près de 1 000 membres de la communauté juridique, dont l’ancienne juge en cheffe Beverley McLachlin, appelant la population à modérer l’expression de ses émotions et de sa colère dans les commentaires publics sur la guerre entre Israël et le Hamas.
Les jeunes leaders se sont également présentés devant un comité de la Chambre des communes pour réitérer leur message d’unité.
Selon l’OBA, le prix Bridge Builder est décerné à une personne ou à une organisation qui a contribué de façon significative à réduire la polarisation au sein de la profession ou de la société dans son ensemble. La personne ou le groupe de personnes se voyant décerner le prix inaugural devait avoir mis au point ou en œuvre une initiative, une stratégie, un outil, une campagne de communication, une politique ou un programme qui aménage un espace permettant le débat, encourageant une mobilisation respectueuse ou améliorant la courtoisie des échanges sur des sujets qui divisent, grâce à une meilleure compréhension des positions opposées. La lauréate ou le lauréat devait avoir su jeter des ponts en faisant preuve de respect envers les deux parties, grâce à une initiative se distinguant par sa créativité, son audace, son efficacité et son impact durable.
Abdalla Barqawi, qui exerçait à titre d’avocat au cabinet Conway Baxter Wilson LLP à Ottawa, était un fervent défenseur de l’égalité et de l’inclusion, admiré par l’ensemble de la communauté juridique pour son approche empathique et perspicace cherchant à favoriser la compréhension et l’inclusion. Ayant joué un rôle important dans la mise en place du réseau de soutien par les pairs de l’OBA pour les avocates et avocats en situation de handicap, Me Barqawi, aux côtés de son collègue Mohammed Elshafie, a reçu en 2024 le Prix du président de l’OBA pour son leadership et sa détermination à créer des espaces propices à l’épanouissement de l’ensemble des juristes.
Shayna Horvath, qui est présentement en stage à Vancouver, a déclaré que recevoir ce prix était un immense honneur, car celui-ci valorise l’importance de faire preuve de respect et d’humanité même dans les conflits les plus intenses.
« Nous avons su rester unis pendant cette période difficile et avons montré l’exemple en conservant des relations respectueuses, ce à quoi devraient aspirer tous les membres de la profession juridique et d’autres domaines. J’en suis très fière. J’espère que cette reconnaissance encouragera d’autres membres de ma profession – et de la société – à aborder les désaccords et les divergences d’opinions avec curiosité, humilité et, surtout, humanité. »
Ferdous Hasan s’est dit profondément honoré de recevoir le prix Abdallah Barqawi aux côtés de collègues, amies et amis aussi distingués. « J’espère sincèrement pouvoir continuer à suivre l’exemple de cet homme et à transmettre les valeurs qu’il incarnait si bien. »
Cet engagement à maintenir le dialogue même quand les émotions sont vives est devenu un fil conducteur de la culture qui prévaut à la Faculté de droit. Au cours des deux dernières années, ce principe a guidé la population étudiante, le corps professoral et l’administration à travers des moments complexes, tant en classe que dans la sphère publique.
La doyenne Kristen Boon est enchantée que ce nouveau prix prestigieux soit décerné à ce groupe d’étudiantes et d’étudiants.
« J’étais vraiment fière de ces jeunes leaders, qui ont su rassembler notre communauté pendant une période de deuil et de grande incertitude. Leur initiative a eu un impact durable et continue de nous guider en ces temps difficiles. Nous garderons à l’esprit leurs sages conseils, qui nous rappellent que nous devons préserver la sécurité de nos espaces, les ouvrir au dialogue et nous concentrer sur ce qui nous unit plutôt que sur ce qui nous divise. »
Le diplômé Tom Conway (LL.B. 1987), l’un des fondateurs du cabinet spécialisé en litiges, a déclaré que l’OBA avait fait un choix inspiré et judicieux et qu’Abdalla en serait ravi.
« Dans leur déclaration, les deux associations étudiantes ont appelé la communauté juridique à se concentrer sur la façon dont notre douleur commune nous unit, plutôt que de laisser la haine nous diviser. Elles nous demandent de nous écouter les uns les autres avec empathie, dignité et respect. »
« C’est ainsi qu’Abdalla menait sa vie. Il a souffert, mais il a vécu avec empathie et dignité et respectait toutes les personnes qu’il côtoyait, même lorsqu’il était en désaccord avec elles. Il serait fier de l’OBA et de ses collègues de confession juive et musulmane. Ces personnes ont pris position et ont déclaré, face à une violence indescriptible, qu’elles optaient pour la paix alors que d’autres optaient pour la guerre. Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin d’entendre davantage leurs voix. »