Pour le fondateur et directeur général de Modivate Housing, Lucas LaPlante, le mandat était clair. « On cherchait à créer des modèles à la fois abordables et hautement durables. Pour de nombreux constructeurs, l’impact environnemental n’est toujours pas une priorité », déplore-t-il.
« Lucas LaPlante a fait appel à nous parce qu’il souhaitait intégrer des solutions écoénergétiques aux habitations modulaires, explique l’étudiante Elizabeth Ramey. Il voulait s’attaquer à la crise du logement au Canada en concevant des maisons modulaires évolutives aux quatre coins du pays. »
« Le client voulait s’attaquer à la crise du logement au Canada en concevant des maisons modulaires évolutives aux quatre coins du pays. »
Elizabeth Ramey
— Étudiante en génie mécanique
Cette collaboration a permis de démontrer tous les avantages que ce type d’habitation peut offrir si l’on y intègre des technologies durables et des solutions peu énergivores existantes, lesquelles demeurent sous-utilisées sur le marché canadien.
Cibler l’équation énergétique
L’équipe d’Elizabeth Ramey, O-Designs, s’est concentrée sur les systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC) qui représentent la majeure partie de la consommation énergétique du secteur du logement en Ontario.
Plutôt que d’ajouter du matériel, l’équipe a exploré des stratégies passives de réduction de la consommation qui sont simples et fiables. Au cœur de leur solution : une tour à vent – un dispositif de refroidissement passif utilisé depuis des siècles au Moyen-Orient qui fonctionne sans pièces mécaniques ou électroniques. Selon l’étudiante, si elle est correctement mise en place, la tour peut abaisser la température de l’air entrant et sortant de 7 à 12 degrés, réduisant ainsi d’au moins 10 % la demande d’énergie pour la climatisation.
Une tranquillité d’esprit pour les futurs résidents et résidentes
Pour les propriétaires qui viendront s’installer, la tour à vent présente un intérêt à la fois émotionnel et technique. « Le design offre à la clientèle une tranquillité totale, car une fois la tour installée, on a plus à s’en préoccuper, explique Mark Fuentes, aussi membre de l’équipe. Et la température est rafraîchie de manière naturelle, sans électricité. »
« Le design offre à la clientèle une tranquillité totale, car une fois la tour installée, on a plus à s’en préoccuper. »
Marc Fuentes
— Étudiant en génie électrique
L’étudiant Mohammad El Urbani, un de leur coéquipier, souligne quant à lui que l’approche à énergie zéro était un choix technique délibéré : « Nous souhaitions avant tout ne pas utiliser d’énergie du tout. Avec notre prototype et notre concept potentiellement final, nous avons atteint cet objectif. En utilisant notre prototype, les propriétaires pourraient voir une différence considérable sur leur facture d’électricité ou sur la durée de vie de leurs batteries, si un système solaire est employé pour vivre hors réseau. »
« Nous souhaitions avant tout ne pas utiliser d’énergie du tout. Avec notre prototype et notre concept potentiellement final, nous avons atteint cet objectif. »
Mohammad El Urbani
— Étudiant en design multidisciplinaire
Un objectif qui va au-delà du refroidissement
Pour Modivate, le refroidissement passif n’est cependant qu’une pièce du casse-tête. Lucas LaPlante souligne les lacunes actuelles au sein du marché des maisons modulaires, où des solutions comme le recyclage des eaux grises ou le captage et la filtration de l’eau ne sont pas dans la mire de nombreux constructeurs.
La collaboration établie dans le cadre de la Journée du design a permis à Modivate de voir comment de tels systèmes pouvaient être intégrés dès la phase de conception. Même si certains éléments doivent être perfectionnés, le propriétaire de l’entreprise considère que le travail de l’équipe de la Faculté de génie est hautement instructif dans un contexte où l’on tente d’introduire ces systèmes dans un marché de consommation plus vaste. Il espère collaborer avec des étudiantes et étudiants en fin de parcours pour transformer les concepts en modèles AutoCAD détaillés, et ainsi créer des systèmes que les constructeurs peuvent utiliser.
Pourquoi une collaboration avec des étudiantes et étudiants?
Les deux parties voient en ce partenariat un modèle pour s’attaquer aux difficultés complexes d’accès au logement. « Les étudiantes et étudiants se sont impliqués, ont posé des questions pertinentes et ont tenu compte de nos conseils et de nos demandes, tout en exprimant leurs propres idées, souligne Lucas LaPlante. Nous ne pourrions être plus satisfaits. »
« Les étudiantes et étudiants se sont impliqués, ont posé des questions pertinentes et ont tenu compte de nos conseils et de nos demandes, tout en exprimant leurs propres idées. Nous ne pourrions être plus satisfaits. »
Lucas LaPlante
— Fondateur et directeur général, Modivate Housing
De leur côté, les étudiantes et étudiants ont insisté sur l’importance de leurs contributions aux défis de conception organisés par les partenaires. « La relève en génie, ce sont des esprits vifs aux idées nouvelles, fait remarquer Mohammad El Urbani. Leurs solutions sont peut-être peu orthodoxes, mais elles méritent d’être prises en considération; après tout, les idées non conventionnelles peuvent mener à des innovations majeures. » Selon Modivate, ce type de collaboration peut contribuer à atténuer les pressions liées à la crise du logement au Canada, où l’on doit construire des millions d’habitations et atteindre des objectifs climatiques ambitieux.
Ce projet de la Journée du design a permis de jumeler les besoins d’une entreprise et l’ingéniosité de la relève. Il démontre qu’à partir de défis lancés par des partenaires, on peut faire émerger des innovations pratiques et évolutives, tout en offrant aux entreprises un avant-goût de solutions adaptées aux conditions réelles.