Depuis plus de 30 ans, la Dre Sangita Jindal, diplômée de la Faculté de médecine (M.Sc. 1988), consacre sa carrière à aider les gens et les couples dans l’un des projets les plus intimes de leur vie : le rêve de fonder une famille.
Bercée par la science dès l’enfance
« La science a toujours fait partie de ma vie », se rappelle la Dre Jindal à propos de son enfance. En effet, c’est de son père, le Dr Shiv Jindal, un néphrologue qui a étudié en Inde et en Irlande du Nord avant de s’établir à Ottawa dans les années 1960, qu’elle tient sa rigueur scientifique et son sens du devoir.
« C’est une histoire typique des personnes immigrantes. Il nous a énormément encouragés à suivre ses traces », se souvient-elle.
À la maison, sa mère, Sarita, prônait l’égalité et l’ambition, et a inculqué à tous ses enfants la discipline et la recherche de l’excellence.
La plupart des membres de sa famille ont fréquenté l’Université d’Ottawa : la fratrie en médecine et en droit; des neveux en sciences et en sciences commerciales; et une belle-sœur en médecine.
« Notre famille est très attachée à l’Université d’Ottawa », confie-t-elle, avant d’ajouter en riant que son plus jeune frère a choisi de rompre avec la tradition et d’aller à Carleton. « Il y en a un comme ça dans toutes les familles. »
D’abord attirée par la médecine, la Dre Jindal a découvert la physiologie de la reproduction et l’endocrinologie pendant qu’elle faisait son baccalauréat et sa maîtrise.
« J’ai été mentorée par de nombreuses femmes. Je voyais ce qu’elles faisaient. L’idée de faire un doctorat en physiologie de la reproduction s’est imposée naturellement. »
Dre Sangita Jindal
Mentorat et résilience
« J’ai été mentorée par de nombreuses femmes. Je voyais ce qu’elles faisaient. L’idée de faire un doctorat en physiologie de la reproduction s’est imposée naturellement », explique-t-elle.
Ces personnes, qui étaient des modèles pour elle, lui ont montré qu’il était tout à fait possible d’exceller en sciences et de diriger une équipe sans jamais oublier l’importance de la famille et des relations humaines.
Parmi ces grandes figures d’influence, la Dre Jacqueline Carnegie, professeure et directrice de l’enseignement de premier cycle en médecine cellulaire et moléculaire à la Faculté, émerge du lot.
« Elle était pour moi une source d’inspiration, se souvient la Dre Jindal. Elle était si brillante! Elle avait une expertise en science fondamentale, une carrière et une famille. Elle était tellement gentille et accessible, et avait l’air très épanouie au travail. »
Le travail dans le domaine de la fertilité est exigeant en raison de l’incertitude permanente et des revers. Il faut savoir faire preuve de résilience.
« Je crois être une personne plutôt résiliente. Quand on est démoli, c’est dans cette résilience qu’il faut aller puiser », observe-t-elle. Faisant le parallèle avec ses patientes et patients, elle se dit inspirée. « Ils ne lâchent pas, car ça finit par fonctionner pour la plupart des couples. Mais il faut essayer plus d’une fois. »
Même si elle est directrice d’un laboratoire de fécondation in vitro et qu’elle a surtout affaire à des médecins, la Dre Jindal veille à ce qu’il y ait une relation directe entre les membres de son personnel et les patientes et patients.
« On interagit avec les patients. Je leur demande de les voir en personne, de les appeler par leur nom », illustre-t-elle.
Ce genre d’attention permet de créer un lien de confiance et fait que le laboratoire n’est jamais perçu comme une « boîte noire ».
Innovation, leadership et transmission du flambeau
La Dre Jindal dirige présentement quatre laboratoires de reproduction et s’apprête à en ouvrir un cinquième. Pour elle, ce type de projet est à la fois créatif et concret.
« Construire un laboratoire, c’est comme bâtir une maison : il y a toujours quelque chose à créer », dit-elle avec enthousiasme.
Après trente ans dans le domaine de la médecine de la reproduction, le nombre de bébés qui ont vu le jour en partie grâce à elle se compte par milliers – une réalisation devant laquelle elle continue de s’émerveiller discrètement.
Dans ses laboratoires, elle intègre l’intelligence artificielle, la semi-automatisation et l’optimisation des processus de travail pour remédier à la pénurie de main-d’œuvre, mais préserve aussi le contact humain, un élément si essentiel.
Quand des étudiantes et étudiants ou de jeunes médecins l’interrogent sur les clés du succès en procréation assistée, la Dre Jindal leur offre un conseil tiré du mentorat qu’elle a reçu : « Assurez-vous de mettre en place un environnement contrôlé où les protocoles sont respectés de manière optimale, développez votre leadership et pensez comme un chercheur ou une chercheuse. »
Trois piliers ont façonné sa carrière : fournir des soins de grande qualité; guider et inspirer ses équipes; et suivre une approche scientifique dans tous les aspects de son travail.
En dehors du travail, pour garder l’équilibre, la Dre Jindal se ressource en pratiquant le yoga, en passant du temps avec son mari, Bruce, en travaillant en équipe avec son chien de thérapie, Koko, et en savourant un verre de vin.
Malgré ses années d’expérience, elle demeure profondément déterminée à guider et à soutenir la relève.
« J’ai l’impression de pouvoir encore être utile. Il y a tant de luttes à mener. Aux États-Unis, par exemple, les droits des femmes en matière de procréation sont mis à mal. Ce n’est pas le moment de prendre ma retraite », affirme-t-elle.
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La carrière de la Dre Jindal montre à quel point la science, la compassion et le leadership, une fois réunis, peuvent changer des vies.
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