L'avenir de la planification intégrée des ressources : quel degré d'intégration est souhaitable ?

Planification dans le domaine énergétique : une série de documents de discussion

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L'avenir de la planification intégrée des ressources

Quel degré d'intégration est souhaitable ?

Contexte :

La série de documents de discussion d'Énergie positive sur la planification énergétique vise à partager des analyses approfondies sur divers sujets liés à la planification dans le secteur de l'énergie. Cette série a pour objectif de susciter le débat, le dialogue et la réflexion.

À propos du texte :

Ce document de discussion examine l'évaluation par les régulateurs économiques de la planification intégrée des ressources (PIR) pour les services publics de gaz naturel et d'électricité au Canada. Le processus de PIR a généralement été mené par chaque service public réglementé en tenant compte uniquement de la demande énergétique de ses clients, sans considérer les autres types d'énergie disponibles. Cependant, les mesures visant à atteindre la carboneutralité d'ici 2050 et l'électrification entraînent de nouveaux comportements, notamment le « changement de combustible », ce qui impose de nouvelles exigences au processus de planification PIR.

Ce document commence par examiner le contexte historique de la croissance des services publics au Canada, le rôle des organismes de réglementation économique dans le processus PIR et la manière dont les PIR ont été préparés et examinés par le passé. Il examine le rôle de la planification PIR dans les juridictions « verticalement intégrées » et dans les provinces « dégroupées » qui disposent donc d'un marché de gros de l'électricité. Bien que les services publics jouent un rôle clé dans la préparation d'un PIR, le présent document se concentre sur l'examen de la PIR et le rôle du régulateur économique dans cet examen.

Résultats clés :

Les préparatifs en cours dans plusieurs juridictions en vue d'atteindre la carboneutralité ont une incidence profonde sur le processus de révision du PIR. L'électrification accrue et le passage du gaz naturel à l'électricité ont une incidence sur les décisions d'investissement dans les secteurs du gaz naturel et de l'électricité, ce qui pose des défis dans les deux cas. Une part importante des activités de substitution des combustibles est motivée par des politiques, ce qui entraîne une incertitude.

Le passage de l'électricité au gaz naturel et vice versa est globalement sans incidence sur la demande à laquelle sont confrontés les services publics. Cependant, ce passage entraîne une perte de charge pour les services publics de gaz naturel et un gain proportionnel pour les services publics d'électricité. Il en résulte un couplage des prévisions de la demande d'électricité et de gaz naturel, ce qui augmente le risque de surestimation. En conséquence, ce document de réflexion conclut qu'au lieu de préparer et d'examiner séparément les plans relatifs au gaz naturel et à l'électricité, ceux-ci devraient être considérés conjointement. En outre, les impacts potentiels de la carboneutralité et de l'électrification sur le processus de planification PIR comprennent l'utilisation de l'électricité comme carburant pour les transports.

Le texte examine également comment, dans de nombreux cas, la transition énergétique augmente considérablement l'exposition des services publics réglementés aux marchés concurrentiels; il s'agit là d'un nouveau défi réglementaire, car les régulateurs économiques réexaminent les décisions d'investissement sur ce marché concurrentiel. La réglementation économique n'a jamais été conçue pour s'appliquer à cette situation de marché concurrentiel dans laquelle se trouvent les services publics, et les régulateurs économiques ne disposent peut-être pas des outils nécessaires pour faire face à ce phénomène émergent.

Le recours croissant au changement de combustible ajoute un risque aux investissements dans les infrastructures dans tous les secteurs du système énergétique. L'un de ces risques est celui des actifs échoués. Si beaucoup pensent que ce risque se limite aux investissements dans les infrastructures de gaz naturel, le document examine également les risques liés aux investissements dans le secteur de l'électricité.

Dans le secteur des combustibles pétroliers, ces risques sont largement assumés par les investisseurs ou les actionnaires des entreprises qui participent au secteur. Dans les secteurs réglementés de l'électricité et du gaz naturel, une plus grande partie du risque d'investissement est assumée par les clients. Bien que le processus PIR soit un outil essentiel pour atténuer ces risques, les méthodes de prévision imparfaites et les imperfections inhérentes au système de réglementation économique qui déséquilibrent les risques et les récompenses peuvent ne pas suffire à atténuer ces risques de manière satisfaisante.

Le texte s'interroge ensuite sur la manière de tirer parti de la concurrence qui émerge dans le secteur réglementé des services publics afin de mieux aligner le risque et la récompense liés à l'investissement. D'autres questions concernant le processus PIR sont également soulevées : existe-t-il un plan pour le déroulement d'un scénario d'électrification ? Un plan à long terme est-il nécessaire ? Quel est le rôle des forces du marché dans le processus de planification et quel est leur impact sur le rôle du régulateur économique ?

En l'absence de réponses à certaines de ces questions, nous risquons de confier aux régulateurs économiques la responsabilité d'approuver des montants croissants de capitaux (au risque des consommateurs) dans les secteurs de l'électricité et du gaz naturel. Cela exige également que les régulateurs comprennent les hypothèses implicites dans les trajectoires vers l'électricité, le plan vers lequel les services publics d'électricité et de gaz naturel s'efforceraient sans doute de tendre. Nous pourrions également transformer la planification énergétique pour atteindre la carboneutralité et l'électrification en un exercice de planification vaste, complet et, par conséquent, difficile à mettre en œuvre.

Auteur :

David Morton, professionnel en résidence, Énergie positive