Colloque annuel du CIRCEM : "Rêver l'université"
Colloque annuel du CIRCEM 2026
23 avr. 2026 au 24 avr. 2026 — 8 h 30 à 15 h
À l'occasion de son colloque annuel ainsi que pour souligner son vingt-cinquième anniversaire, le CIRCEM a le plaisir de vous convier à deux journées dédiées au thème "rêver l'université".
Au sujet de l'évènement :
Le CIRCEM souligne cette année son vingt-cinquième anniversaire. Haut lieu de réflexion, il s’est distingué au fil des années par la diversité, la profondeur et le dynamisme des réflexions interdisciplinaires qui s’y développent en résonance avec la communauté francophone de l’Université d’Ottawa. Pour souligner cet anniversaire, nous inscrivons notre colloque annuel dans la tradition critique du centre fondé dans une perspective « humaniste ». Nous questionnons le futur de l’université, son sens et son rôle en invitant toute la communauté à rêver l’université. Ce référent aux imaginaires sociaux renvoie à nos représentations communes de l’université, à nos critiques à leurs égards, mais surtout au pouvoir créateur des imaginaires à participer activement à construire la réalité et à la transformer.
À l'heure où l'université traverse de profondes mutations technologiques et économiques, il devient important de se questionner sur sa mission première qui est de former l'être humain la pensée dans sa complexité. Ce colloque propose de replacer l'humain au cœur des discussions universitaires, non pas comme simple réceptacle de savoirs, mais comme sujet pensant, ressentant et agissant. En croisant les perspectives disciplinaires, cette réflexion collective vise à dessiner les contours d'une université pertinente pour affronter les défis que posent l’intelligence artificielle, la surspécialisation, la technocratisation des savoirs et la néolibéralisation des institutions d’enseignement.
En voici l'horaire :
Jour 1 - 8h30 à 17h : L'université comme lieu d'apprentissage et de recherche en danger
- Accueil et Café - 8h30 à 9h
Conférence d'ouverture - 09h00 à 10h15 : Enseignants-chercheurs, un grand corps malade
Dominique Glaymann, professeur émérite de sociologie à l’Université d’Évry (Paris-Saclay)
Au cours des dernières années, on constate que la mission d’enseignement et de formation universitaire semble s’être transformée. Le métier de chercheur et de professeur s’adapte lui aussi à ces transformations structurelles. Dominique Glaymann a réfléchi en profondeur à cette question au fil de ses études sur le lien entre la formation et l’employabilité. Il nous présentera ses réflexions sur ce sujet complexe, notamment à la lumière de son dernier ouvrage — Enseignants-chercheurs : un grand corps malade.
- Pause du matin - 10h15 à 10h30
Table ronde 1 - 10h30 à 12h00 : Évolution de l'institution universitaire et sens de la profession
Mitia Rioux-Beaulne, Philosophie, Université d’Ottawa
Jonathan Durand Folco, Université Saint-Paul
Audrey Gagnon, Sciences politiques, Université d’Ottawa
Dans cette table ronde, nous discuterons de l’évolution de l’institution universitaire en tant qu’organisation et réfléchirons au sens de l’institution et de la profession. Cette table ronde sera aussi l’opportunité de réfléchir sur le contexte politique actuel dans lequel cette évolution et ces sens se co-construisent.
- Repas du midi - 12h00 à 13h00
Table ronde 2 - 13h00 à 14h30 : Tisser des liens avec la technologie ?
Ann-Louise Davidson, Éducation, Université Concordia
Franz Newland, Génie, Université d’Ottawa
Comment penser les relations humaines, les relations d’apprentissage et les relations propres à la mobilisation des connaissances au prisme des nouvelles technologies de l’intelligence artificielle générative ? Quels espoirs se tissent et quelles préoccupations subsistent dans cette période de révolutions technologiques ? Dans cette table ronde, nous tenterons de rêver la place et le rôle des nouvelles technologies de l’information dans l’enseignement, ainsi que leur potentiel au-delà d’un registre de l’efficacité et de l’efficience.
- Pause de l'après-midi - 14h30 à 14h45
Table ronde 3 - 14h45 à 16h15 : Tisser des liens hors des murs de l'université
Kharoll-Ann Souffrant, Travail social, Université Saint-Boniface
Maïka Sondarjee, École de développement international, Université d’Ottawa
L’université a longtemps été qualifiée de tour d’ivoire, mais nous remarquons, au cours des dernières années, que les formes de communication avec le milieu non universitaire évoluent et empruntent de nouveaux sentiers, notamment celles de l’essai, de la bande dessinée, de la création et de la chronique journalistique. Cette table ronde nous amènera à réfléchir les façons dont nous tissons et entretenons des liens hors-les-murs, pour ainsi aussi rêver les rencontres à venir?
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Jour 2 - 8h30 à 15h : L'université comme communauté politique
- Accueil et Café - 08h30 à 09h00
Conférence d'ouverture - 09h00 à 10h15 : En toute collégialité
Louis-Philippe Lampron, professeur à la Faculté de droit de l’Université Laval
Nous discuterons du rôle de l’université en tant qu’acteur et en tant que communauté politique. Quelle est sa mission? L’université n’est pas à part de la société ; elle représente un microcosme des débats et des enjeux sociaux. Quel rôle peut-elle jouer dans la société ?
- Pause du matin - 10h15 à 10h30
Table ronde 4 - 10h30 à 12h00 : Mii sa inaabandamaang gabe-gikendaasoowigamig (C'est que nous avons eu un tel rêve de l'université)
Gavin Furrey, École d'études politiques, Université d'Ottawa
Cyndy Wylde, École de travail social, Chaire de recherche de l’Université (CRU) sur l’autodétermination des peuples autochtones, Université d'Ottawa
Darren O'Toole, École d'études politiques, Université d'Ottawa
Rêver une université décolonisée signifie refuser l'université en tant que bras armé de l'État colonisateur, un lieu où se reconstituent les logiques d'élimination, d'accumulation de capital et de dépossession. Mais que signifie « décoloniser » concrètement l'Université pour les trajectoires des chercheurs autochtones ? Cette table ronde propose d’examiner comment l’Université laisse intacts les mécanismes et structures qui empêchent les personnes autochtones d’y évoluer. Elle explorera comment éviter les écueils de l'hypercolonialité dans le milieu universitaire tout en gardant une vision claire de liberté de parole, de réflexion critique et d'affirmation épistémologique.
- Repas du midi - 12h00 à 13h00
Table ronde 5 - 13h00 à 14h30 : L'université comme acteur social
Dalie Giroux, Université d’Ottawa
Valérie Lapointe-Gagnon, Université d’Alberta
Paul R. Carr, Université du Québec en Outaouais
Quel est le rôle des universités dans la société démocratique, et quel rôle peuvent-elles jouer en tant que communautés politiques ? Dans un contexte où les connaissances scientifiques sont souvent remises plus qu’avant dans les débats publics, nous souhaitons nous interroger sur le rôle et la responsabilité des membres de la communauté universitaire de se mobiliser et de prendre part aux débats sociaux et sociétaux.