Les leaders du CVRRI s'adressent au groupe de jeunes chercheuses et chercheurs. De gauche à droite, Muralee Murugesu, Martine Lagacé et Derrick Gibbings.
Le monde de la recherche – façonné par la science ouverte, la mobilisation des connaissances et les partenariats avec le secteur privé, les communautés et les gouvernements – change rapidement.

Les chercheuses et chercheurs en début ou en milieu de carrière font face à un véritable défi : comment suivre le rythme de cet écosystème complexe et en constante évolution tout en conciliant enseignement, mentorat et engagement communautaire?

Cette question était au cœur d’une discussion entre des professeures et professeurs en début de carrière de l’Université d’Ottawa et des leaders du CVRRI, en l’occurrence Martine Lagacé, Derrick Gibbings et Muralee Murugesu, qui ont parlé en toute transparence de leur expérience acquise au sein de postes administratifs et dans leur parcours de recherche.

Les leaders du CVRRI écoutent attentivement quelqu'un qui s'exprime hors champ. De gauche à droite, Muralee Murugesu, Martine Lagacé et Derrick Gibbings.
De gauche à droite, Muralee Murugesu, Martine Lagacé et Derrick Gibbings.

Trouver sa cible

En début de carrière, il peut être tentant de tout accepter : chaque projet, chaque comité, chaque collaboration. Mais les panélistes ont mis en garde les chercheuses et chercheurs contre une telle pratique, car pour se forger un profil de recherche solide, il faut avoir une vision claire et savoir prioriser.

Martine Lagacé a parlé de sa propre expérience comme chercheuse interdisciplinaire. Au début de sa carrière, elle a accepté trop de projets en dehors de son domaine de recherche principal, ce qui a eu pour effet de diluer son attention. Si elle considère que la collaboration est essentielle, elle recommande toutefois à celles et ceux qui débutent en recherche d’opter pour des collaborations arrimées à leurs objectifs à long terme. 

Derrick Gibbings, pour sa part, a rappelé que la qualité est plus importante que la quantité. Il vaut peut-être mieux publier moins d’articles qui ont beaucoup de poids que l’inverse. Certes, la stratégie est risquée et pourrait varier selon le domaine de recherche, mais elle peut rapporter en crédibilité et en influence.

De façon générale, les panélistes ont conseillé de ne pas essayer de tout faire d’un seul coup. Les chercheuses et chercheurs en début de carrière devraient plutôt se concentrer sur ce qui compte le plus, bâtir leur réseau et avancer un pas à la fois. Le milieu de la recherche évolue, mais avec de la persévérance et une bonne capacité d’adaptation, il est possible de se construire une belle carrière valorisante.

Bâtir son réseau

Muralee Murugesu a admis qu’il se concentrait tellement sur la publication d’articles en début de carrière qu’il s’est privé de conférences et d’occasions de réseautage. Aujourd’hui, il encourage les jeunes chercheuses et chercheurs à faire l’inverse, c’est-à-dire à se réunir entre collègues, à assister à des événements, à aller prendre un café et à discuter de manière informelle. Ce réseau les aidera à rencontrer des personnes qui pourront éventuellement évaluer leurs travaux, offrir du mentorat ou collaborer sur des projets.

Martine Lagacée a souligné l’importance du mentorat, surtout dans le cas des recherches interdisciplinaires. Une bonne mentore ou un bon mentor peut aider à établir les priorités et à rédiger des demandes de subvention convaincantes. Elle a également conseillé aux chercheuses et chercheurs de ne pas sous-estimer la valeur de la diversité des points de vue. Les commentaires d’une personne évoluant dans un autre domaine pourraient transformer leurs travaux. 

Présent dans l’auditoire, Alexandre Poulain, vice-doyen à la recherche et à l’infrastructure à la Faculté des sciences de l’Université d’Ottawa, a mentionné que les commentaires les plus marquants qu’on lui a faits au sujet d’une demande de subvention en microbiologie sont venus d’une personne qui travaillait en mathématiques.

Les panélistes ont aussi rappelé que le réseautage est à la base de la mobilisation des connaissances : les chercheuses et chercheurs qui tissent des relations se créent progressivement une communauté qui amplifiera leurs recherches.
 

Un spectateur parmi ses pairs.

Suivre les étapes

Les panélistes ont abordé avec empathie le poids – qui peut sembler bien lourd – des responsabilités liées à l’enseignement et à la supervision, ainsi que la difficulté à trouver le temps de mener des travaux et de rédiger des demandes de subvention. 

Derrick Gibbings et Martine Lagacé ont tous deux insisté sur l’importance d’apprendre par la pratique et de poser des questions. Ils ont parlé des demandes de financement initial qu’on leur a refusées et de l’importance de persévérer, puisque chaque tentative leur a appris quelque chose de nouveau.

Les panélistes ont aussi encouragé les chercheuses et chercheurs à explorer diverses sources de financement, notamment les partenariats avec le secteur privé, les plus petites subventions telles que celles offertes par MITACS et les possibilités de financement interne, comme celles proposées par Service de gestion de la recherche de l’Université. Toutes ces occasions à saisir permettent aux chercheuses et chercheurs en début de carrière d’acquérir de l’expérience et d’élargir leur réseau, en plus d’ouvrir la voie à des projets plus importants – autant d’avantages qui les aideront à s’épanouir dans un contexte hautement concurrentiel en pleine évolution. 

Muralee Murugesu a conclu en soulignant toute l’importance de se bâtir et d’entretenir un réseau d’entraide formé de collègues et de mentores et mentors qui comprennent la réalité des chercheuses et chercheurs en début de carrière et qui peuvent les aider à faire la part des choses. 

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