Le risque de décès est considérablement plus élevé pour certains membres de la population ontarienne qui n'ont pas de médecin de famille

Par Paul Logothetis

Conseiller, Relations de presse, uOttawa

Femme médecin avec un patient âgé et un enfant
Vitaly Gariev (Unsplash)
Une nouvelle étude menée à l'Université d'Ottawa a révélé que certains membres de la population ontarienne qui n'ont pas de médecin de famille courent un risque de décès plus élevé que ceux qui en ont un, un risque qui devient encore plus grand pour les patients souffrant de maladies chroniques.

L'équipe de recherche, dirigée par le Dr Jonathan Fitzsimon, professeur adjoint au département de médecine familiale de la faculté de médecine et chercheur clinicien à l'Institut du Savoir Montfort, et Antoine St-Amant, doctorant en santé des populations, a analysé les dossiers médicaux de plus de 12 millions d'Ontariens afin de déterminer dans quelle mesure le fait de ne pas avoir de médecin de famille (être « sans médecin traitant») – et depuis combien de temps – influence la mortalité, les coûts des soins de santé et les hospitalisations.  

Les chercheurs ont démontré l'impact négatif que peut avoir le fait de ne pas avoir de médecin de famille :

  • Le risque de décès est 85 % plus élevé chez les personnes qui n'ont pas de médecin de famille que chez celles qui en ont un depuis plus de 15 ans. 
  • Les patients atteints de maladies chroniques qui ont un médecin de famille ont un risque de décès cinq fois plus élevé, cependant, ce risque passe à 12 fois plus élevé pour les patients atteints de maladies chroniques qui n'ont pas de médecin de famille.
  • Les coûts et les résultats en matière d'hospitalisation reflètent ces tendances.

« Nous savons que les soins continus sont bénéfiques pour le bien-être des gens, mais nous avons été surpris par l'ampleur des résultats obtenus chez les personnes qui n'ont pas de médecin de famille, en particulier les patients vulnérables et ceux qui souffrent de maladies chroniques, dont l'état est bien pire », explique le Dr Fitzsimon, lui-même médecin de famille dans la région de Renfrew, près d'Ottawa. « Les patients les plus vulnérables qui n'ont pas de médecin de famille coûtent en fin de compte environ deux fois plus cher au système de santé que ceux qui en ont un. »

Les chercheurs supposent que les patients sans médecin traitant peuvent rechercher des stratégies d'adaptation et des soins alternatifs pour atténuer leur réalité médicale, les nouveaux patients sans médecin traitant retardant ou refusant les soins. Les patients sans médecin traitant de longue date, quant à eux, peuvent choisir de se rendre dans des cliniques sans rendez-vous, des services d'urgence, de s'autogérer ou de faire appel à d'autres cliniciens tels que des spécialistes et des pharmaciens. 

Le gouvernement provincial de l'Ontario s'est engagé à mettre chaque membre de la communauté Ontarienne en relation avec un médecin de famille ou une équipe de soins primaires d'ici 2029 grâce à sa Loi sur les soins primaires. Le Dr Fitzsimon salue cette initiative.  

« Il faut féliciter le gouvernement de l'Ontario d'avoir pris des mesures pour remédier à ce problème en adoptant une loi qui prévoit que tous les Ontariens auront accès à un médecin de famille ou à une infirmière praticienne d'ici 2029. Nos recherches soulignent que, même si l'accès universel aux soins primaires est un objectif louable, il existe un groupe de patients sans médecin traitant qui souffrent de multiples maladies chroniques et qui auraient tout à gagner d'une intervention urgente, tant pour eux que pour le système de santé dans son ensemble », ajoute le Dr Fitzsimon.

L'équipe de recherche était composée de Jonathan Fitzsimon, Antoine St-Amant, Michael E Green, Richard H Glazier, Anastasia Gayowsky, Kamila Premji, Eliot Frymire et Lise M Bjerre.

« Primary Care Unattachment; Impact on Mortality, Hospitalizations and Costs » a été publié dans Health Affairs Scholar le 4 février 2026. DOI : 10.1093/haschl/qxag030

Demandes médias : media@uOttawa.ca