Ai art
Robbie Barrat, Nude 13, 2018
L’implication des artistes dans l’intelligence artificielle et ses enchevêtrements avec la technologie et le capitalisme (Zeilinger, 2021) redéfinit la créativité et, par le fait même, humanise l’IA au bénéfice des entreprises (Pepi, 2018). La recherche actuelle en histoire de l’art étudie l’IA et l’art selon deux axes : 1) l’art créé par l’IA ; 2) l’art créé par des artistes avec l’aide de l’IA. Le démêlage de l’art de l’IA selon ces deux axes questionne l’impact de l’IA sur l’art contemporain. Toutefois, il existe un champ de recherche encore insuffisamment exploré : celui qui étudie comment les concepts de l’histoire de l’art ont influencé les périmètres selon lesquels fonctionne l’art de l’IA, et comment ces catégories artistiques se sont accélérées à un tel point qu’elles alimentent l’art de l’IA d’un sens esthétique muté, par la vitesse, la prolifération et le contournement des principes artistiques d’appropriation et de droit d’auteur.

Dans cette optique, le professeur d’histoire et théorie de l’art Jakub Zdebik a récemment reçu une subvention Savoir du CRSH pour son projet « AI and the Mutation of the "Artificial" in Contemporary Art Images. »
zdebik

Dr Zdebik cherchera à intégrer les sciences humaines à une discussion généralement réservée aux entreprises, aux ingénieur.e.s et aux scientifiques qui, tout en contournant une compréhension du rapport de l’art à la beauté, à la société et à la créativité, utilisent néanmoins ces concepts avec assurance pour soutenir l’idée que l’IA constitue une autre forme d’intelligence. En fait, le projet du Dr Zdebik, au lieu de se concentrer sur la cible habituelle de la critique culturelle visant l’IA — à savoir la remise en question de « l’intelligence », laquelle peut être vue comme une forme d’organisation à haute vitesse (Sadin, 2018) — se concentre sur la partie « artificialité » : en acceptant que l’art travaille avec l’artifice, l’illusion et la représentation, l’art de l’IA accélère ces termes à un point tel qu’il en mute la notion même d’artificialité.

Intégrer l’IA à l’histoire de l’art

L’objectif de la recherche du Dr Zdebik est de catégoriser les façons dont l’IA interagit avec l’art afin de mieux comprendre l’état actuel des choses, en réalisant une enquête en histoire de l’art sur la manière dont l’art s’est combiné aux technologies depuis plus de cent ans. Les artistes d’avant-garde étaient souvent des adopteurs précoces de nouvelles technologies et réfléchissaient aux limites technologiques en mettant ces technologies à l’épreuve à travers l’expérimentation artistique. En examinant les écrits des théoriciens de l’esthétique, en appliquant ceux-ci aux textes d’histoire de l’art portant sur des développements artistiques récents, et en analysant des œuvres générées par l’IA ainsi que des œuvres créées par des artistes avec l’aide de l’IA, je compte poser des questions sur ce que les avancées de l’IA changent à notre conception de l’artificialité. Par une approche multidisciplinaire, j’explorerai comment la théorie esthétique réfléchit aux pratiques artistiques liées à l’IA ainsi qu’à l’industrie techno-culturelle, du point de vue des priorités sociétales.

Certaines des conclusions du Dr Zdebik peuvent être consultées dans l’essai suivant : « The Landscape Sees: Deleuze’s Percept and Catastrophe in Painting and AI-Generated Images. »

Affirmation autochtone

Nous rendons hommage au peuple algonquin, gardien traditionnel de cette terre. Nous reconnaissons le lien sacré de longue date l’unissant à ce territoire, qui demeure non cédé. Nous rendons également hommage à toutes les personnes autochtones qui habitent Ottawa, qu’elles soient de la région ou d’ailleurs au Canada. Nous reconnaissons les gardiennes et gardiens des savoirs traditionnels de tous âges. Nous honorons aussi leurs dirigeantes et dirigeants d’hier, d’aujourd’hui et de demain, au courage indéniable.

À propos de l’affirmation autochtone